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Roland Perceval, président de la Ligue
Succéder…
Après 16 années passées à défendre
l’enseignement officiel au travers de la
Présidence de la Ligue, Guy VLAEMINCK m’a
transmis le flambeau de cette merveilleuse
institution qui approche de ses 150 ans. J’ai
ainsi été élu, et je remercie chacun pour
la confiance qui m’est témoignée. J’aurai
l’occasion, dans une prochaine parution
de la revue Eduquer, de définir les lignes de
conduite que j’entends, en collaboration
avec tous les acteurs de notre institution,
défendre et faire connaître.
Je voudrais, en quelques mots, dire tout le
bien que je pense de Guy et la confiance
absolue que j’ai en lui qui m’a fait accepter
d’emblée sa proposition de me présenter
au suffrage du Conseil d’administration
pour lui succéder.
Je connais Guy depuis de longues années,
pour l’avoir côtoyer à la Ville de Bruxelles
dont il est issu quand il siégeait dans la
Commission administrative de l’Institut
De Mot-Couvreur où j’étais alors sousdirecteur, comme Administrateur délégué
du CPEONS, comme membre du Conseil
d’administration de la Haute Ecole Francisco
Ferrer de la Ville de Bruxelles. Partout il a
fait et fait encore preuve d’une profonde
connaissance de l’enseignement, de ses
enjeux, des défis auxquels il est confronté,
des dérives possibles… Son analyse fine,
intelligente, lucide et novatrice a toujours
fait merveille ; sa profonde intelligence et
sa probité tant intellectuelle qu’humaine,
reconnues partout, en ont aussi fait un
interlocuteur respecté et écouté, même des
représentants des réseaux concurrents. Les
positions de la Ligue relayées et défendues
par lui font référence et suscitent l’intérêt
chez nos adversaires.
Mon cher Guy, je voudrais publiquement
te dire toute l’amitié et l’admiration que
j’ai pour toi et ton travail. Nous garderons
fidèlement les messages que tu as souhaité
faire passer. Bien sûr le style sera différent
puisque chacun a sa personnalité. Mais
la ligne de conduite que tu as tracée sera
notre phare. Tu m’as gentiment proposé de
rester dans le Conseil d’administration pour
apporter l’aide que tu pourras certainement
encore nous fournir. Je t’en remercie et
suis sûr que nous pourrons compter sur la
sagesse de ton jugement. Merci Guy, du
fond du cœur.
Je terminerai ce premier éditorial par,
non pas un « discours du trône » ou « une
« déclaration de politique générale », mais
bien plutôt, à la manière d’un florilège,
par un rapide tour d’horizon des défis qui
nous attendent, particulièrement dans le
domaine de l’enseignement. Les équipes
pédagogiques sont secouées depuis de
nombreuses années, et particulièrement
depuis juillet 1997, date de la parution
du décret « Missions », par des réformes
en cascades dont elles ont à peine le
temps de prendre connaissance que
déjà une nouvelle se présente. Cette
volonté de tout changer tout de suite,
sans la nécessaire réflexion qu’implique
tout acte pédagogique (qui n’est pas
de l’immobilisme mais bien l’essence
même de ce dernier) fait parfois penser au
« train fou » lancé sans frein. A-t-on pensé
vraiment à l’élève dans tout cela et aussi
a-t-on envisagé que la cause de la pénurie
dramatique des enseignants était peutêtre à rechercher dans cette impossible
équation dans de telles conditions : une
adéquation entre la formation initiale et les
réalités de terrain ?
Et ce n’est pas fini ! Après des années d’essai
de revalorisation, une nouvelle révolution
atteint l’enseignement qualifiant : la CPU
ou certification par unité (un autre mot
pour modularisation). L’idée en soi n’est pas
mauvaise, mais, de nouveau, la précipitation
pour forcer les habitudes et l’impossibilité
d’une réflexion en profondeur pour
l’acquisition par les enseignants de cette
nouvelle donne dont je parlais plus haut,
risquent bien de mener à un « truc »
indigeste et plus destructeur qu’autre
chose.
Enfin, a-t-on vraiment mesuré l’impact des
décrets « inscriptions » sur l’objectif, par
ailleurs indispensable que l’on s’est fixé, de
mixité sociale ? J’ai bien peur que les effets
collatéraux et pervers ne soient supérieurs
aux bénéfices escomptés.
Voilà quelques beaux sujets de réflexion
pour nos futures années… ■
n° 83 | juin 2011 éduquer
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