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1/ Le déni
Le déni est un mécanisme de défense qui consiste pour la personne à se comporter comme si elle n'avait
pas intégré l'information qu'on lui a donnée en ce qui concerne son état de santé. Elle se comporte
également comme si elle n'était pas aussi malade qu'elle l'est. À cette période, elle peut négliger son
traitement, prendre des risques, se lancer dans des projets irréalistes. Elle ne supporte pas qu'on tente de
la ramener à la réalité. Il existe une forme de déni total ce qui fait que les personnes semblent tomber
d'accord avec ceux qui leur mentent et qui entretiennent le déni, et une forme de déni partiel, par exemple
la personne sait et sent qu'elle va mourir, mais elle ne veut rien savoir de la nature de la pathologie en
cause. Le déni existe dans de nombreuses autres circonstances. Il a pour fonction de se protéger face à
une réalité qu'on ne peut accepter. La personne qui dénie semble s'accorder le temps nécessaire pour
accepter une réalité vécue comme insupportable.
La façon de se comporter en face de quelqu'un qui dénie est de reconnaître le déni lorsque le
comportement de la personne ne paraît pas adapté à la gravité de son état, de respecter ce mécanisme de
défense, sans pour autant le cautionner, d'établir une relation d'aide qui permette à la personne de se
sentir acceptée telle qu'elle est.
Le déni n'a pas à nous énerver. Ce n'est pas un mensonge. C'est un mécanisme inconscient. La personne
n'est donc pas responsable de son comportement. Le risque, si l'on essaie de confronter le déni, est de
voir la personne adopter d'autres mécanismes de défense dont il lui sera beaucoup plus difficile de sortir,
comme, par exemple, la régression, le déplacement, la projection, etc.…
Le déni fait par partie de ce qu'on appelle des mécanismes de défense. Un mécanisme de défense est un
comportement inconscient qu'une personne adopte lorsqu'elle est confrontée à une douleur tellement
insupportable (ou à une pulsion inacceptable) qu'elle ne peut la relier au reste de sa vie par un travail
de pensée. Un mode d'emploi simple face à un mécanisme de défense est d'abord :
1. de l'identifier
2. de le respecter
3. d'établir une relation avec la personne soignée de telle sorte qu'elle puisse s'exprimer et qu'elle puisse
relier ce qui déclenche le mécanisme de défense, c'est-à-dire la douleur ou la pulsion inacceptable au
reste de sa vie par un travail de pensée. La pensée devant passer par la parole et/ou la symbolisation
(dessin) exprimée dans la relation à une autre personne.
Il n'est pas absolument nécessaire que la personne parle de la douleur et seulement de la douleur.
Lorsqu'on accompagne un mourant, il faut se souvenir qu'il est encore vivant et que la meilleure façon de
l'aider est de le considérer comme vivant cette étape de croissance qu'on appelle la mort et non pas
comme déjà mort.
2/ La colère
Au fur et à mesure que son état se dégrade, la personne s'aperçoit que le déni ne sert à rien, elle devient
alors très irritable. Tout peut être une occasion de se mettre en colère contre ceux qui la soignent, contre
le monde, contre la vie, contre elle-même et même contre les objets. La colère est souvent provoquée par
un sentiment d'injustice. Cette irritabilité témoigne d'une grande anxiété. Souvent, la personne ne se
reconnaît pas elle-même. Elle s'en veut d'envoyer promener ceux qui tentent de lui faire du bien.
C'est une étape pénible à supporter pour les soignants, pour les proches… et pour le soigné. Mais il faut
se souvenir que pouvoir se mettre en colère est un signe de vitalité. Si la colère ne peut s'exprimer, la
personne la retourne contre elle, elle se blesse, elle s'aggrave, elle peut développer une grande anxiété
sous forme de culpabilité et/ou de passivité.
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