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14 mars 2008 DÉBATS DES COMMUNES 4203 Affaires courantes Il y aura une enquête publique. La question est en fait de savoir quelle forme elle prendra. Dans son rapport préliminaire, M. Johnston a présenté une série ou un menu d'options. Maintenant que nous avons entendu plus de témoins qu'il n'en avait entendu auparavant, je crois qu'il voudra peut-être revenir sur au moins un des éléments, soit sur le fait que la GRC a effectué une enquête rigoureuse et efficace sur les faits. Prenons un exemple. Dans son interrogatoire préalable, M. Mulroney a déclaré qu'il connaissait à peine M. Schreiber, qu'ils avaient pris un ou deux cafés ensemble. Si la GRC avait fait une enquête rigoureuse — et il est même dit dans le rapport de M. Johnston que la GRC était au courant des paiements en liquide — pourquoi n'a-t-elle pas informé le gouvernement du Canada en 2005 que M. Mulroney avait menti? Pourquoi? La GRC n'appuie-t-elle pas le gouvernement du Canada dans ses procédures judiciaires? Il s'agissait alors d'une poursuite de 50 millions de dollars. Il y a eu parjure. Les Canadiens méritent que l'on revienne sur cette affaire. En fait, le ministre de la Justice de l'époque a comparu devant nous et a déclaré que, s'il avait su que ces paiements avaient été effectués, l'affaire n'aurait pas été traitée de la même manière. Les Canadiens n'auraient probablement pas eu à payer quoi que ce soit. Je crois que l'on présume, en quelque sorte, que la GRC a fait un très bon travail et qu'il fallait simplement accepter ses conclusions. Je pense que ces conclusions ne sont pas justes. Il y a eu des erreurs. Quelqu'un a failli à la tâche. C'est ce que de nouvelles informations ont révélé, même en ce qui a trait au témoignage du sénateur Murray, comme on l'a vu aujourd'hui, dans le Globe and Mail. C'est très clair. C'est une toute nouvelle preuve qui, en fait, remet en question la crédibilité d'un autre témoin qui a comparu devant notre comité pour dire qu'il ne savait rien de l'affaire et n'y était pas mêlé. Pourtant, c'est la même personne qui était assise avec Brian Mulroney et Karlheinz Schreiber, à l'Hôtel Pierre, lorsque M. Mulroney a donné un compte rendu d'une heure, une heure et demie, à M. Schreiber sur son travail à l'étranger, rencontre qui n'a jamais eu lieu, selon M. Schreiber. Lorsque nous demandons à M. Doucet s'il sait qui le premier ministre a rencontré en Chine, par exemple — c'est un pays assez grand — il dit ne se souvenir de rien. C'est là le genre de situation que devra démêler une enquête publique. Des gens ont menti au comité et aux Canadiens. Les témoignages se contredisent presque sur tous les points. Il est très clair que, pour bien faire les choses, pour régler cette affaire une fois pour toutes, il nous faut un commissaire qui participe à la définition de l'étendue et de la nature du mandat. Nous devons veiller à ce que la commission ait le pouvoir de citer des personnes à comparaître et d'exiger la production de documents et de dossiers et aussi à ce que ce commissaire ait toute la latitude voulue, moyennant l'assurance qu'il se contentera de suivre le fil des preuves importantes pour trouver la vérité, et rien que la vérité. ● (1250) Le président suppléant (M. Royal Galipeau): Questions et observations. Je demanderais au député d'Ottawa-Sud de bien vouloir regarder la présidence pendant qu'il énonce sa question. M. David McGuinty (Ottawa-Sud, Lib.): Monsieur le Président, en tant que député à la Chambre, je suis choqué par ce que rapporte mon collègue, le président du comité permanent. C'est plus que troublant. Pour paraphraser M. Mulroney lui-même, je dirai à mon collègue que le gouvernement a le choix. Il peut choisir de procéder de façon ouverte et transparente. J'aimerais que mon collègue en dise davantage à ce sujet, qu'il nous donne plus d'information et nous fasse plus de révélations choquantes, comme celles du sénateur que nous avons entendues aujourd'hui. J'aimerais que mon collègue en dise plus pour justifier la tenue d'une enquête ouverte disposant du financement et du mandat nécessaires pour aller au fond des choses, parce que je pense que toute cette affaire met en cause la charge même de premier ministre. Il faut établir si elle a été ou non discréditée et entachée. Que s'est-il passé au juste? Je voudrais vraiment en savoir davantage et je pense que les Canadiens aussi méritent d'en savoir davantage. C'est la question que j'adresse à mon collègue. Le président suppléant (M. Royal Galipeau): Le député de Mississauga-Sud a une minute et demie pour répondre. M. Paul Szabo: Monsieur le Président, nous avons demandé des dossiers, mais il n'y en avait pas. Nous avons demandé des documents bancaires, mais nous avons eu de la difficulté à les obtenir. La GRC a fait enquête pendant longtemps, mais a refusé de partager ses renseignements sur des dossiers clos lorsque nous en avons fait la demande. Pourquoi? On nous a répondu qu'il était possible que l'enquête soit réouverte. Qui dit cela à la GRC? Quels renseignements possède la GRC? La GRC a d'autres renseignements. Il y a d'autres développements et la GRC procède à d'autres examens. Des détails continuent de surgir. Laissez-moi vous présenter d'autres faits. M. Mulroney a congédié et remplacé treize des quinze membres du conseil d'administration d'Air Canada, à l'époque une société d'État, avant l'attribution du contrat à Airbus. Il est aussi intéressant de constater que le président et directeur général d'Air Canada à l'époque a pris sa retraite après l'attribution du contrat à Airbus. Où est-il allé? À Telus, en France, où se trouve le quartier général d'Airbus Industries. En fouillant un peu, on ne cesse de trouver ce qui semble être des irrégularités, mais les gens en viennent toujours à la même conclusion: il n'y a aucune preuve. Il est clair qu'il existe des preuves substantielles justifiant la tenue d'une enquête publique, et j'espère que nous... Le président suppléant (M. Royal Galipeau): C'est avec regret que je dois interrompre le député. Reprise du débat. Le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires intergouvernementales et ministre de la Diversification de l'économie de l'Ouest canadien a la parole. M. Russ Hiebert (secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires intergouvernementales et ministre de la Diversification de l'économie de l'Ouest canadien, PCC): Monsieur le Président, je suis reconnaissant d'avoir la possibilité de prendre la parole à la Chambre à ce sujet. Le simple fait d'avoir cette discussion est un peu surprenant parce que je ne pense pas que qui que ce soit s'attendait à ce que la motion dont nous sommes saisis, qui est tout à fait anodine, fasse l'objet d'un débat. En fait, je pense qu'il est exceptionnel que nous tenions un tel débat à la Chambre.