Download FTPU - Office 2010
Transcript
A/69/62 Swaziland, le Lesotho, la République démocratique du Congo et la Répu blique centrafricaine 336. 441. Une analyse globale montre, comme chacun le sait, que les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, mais il ressort d’analyses nationales et infranationales et des études des tendances que cela n’est pas toujours vra i, l’écart d’espérance de vie entre les hommes et les femmes variant de façon importante entre les populations et au fil du temps 337. Dans les pays qui sont au début de leur transition démographique et épidémiologique, les femmes ont une espérance de vie supérieure aux hommes d’environ 2 ou 3 ans. Dans ces pays, l’eau sale, les infections, la malnutrition, le manque d’accès à des soins de santé et d’autres conditions structurelles sont la cause d’une mortalité élevée dans tous les groupes d’âge, en particulier chez les enfants. Ces mêmes facteurs non seulement font que les femmes sont vulnérables durant la grossesse et à l’accouchement mais entraînent aussi une augmentation de la fécondité comme moyen de protection contre les taux élevés de mortalité infantile et postinfantile, qui entraîne elle-même une augmentation du risque de mortalité maternelle 337. 442. L’augmentation de l’épidémie de VIH a anéanti les progrès réalisés dans de nombreux pays d’Afrique dans les années 70 concernant l’espérance de vie 338. Les femmes ont été les plus touchées, d’une part car elles présentent une mortalité associée au sida plus élevée que les hommes, qui témoigne du risque accru qu’elles courent de contracter le VIH sexuellement car elles sont, du point de vue biologique, davantage exposées, et d’autres part car elles sont en situation d’infériorité dans les relations sexuelles 339. Dans certains pays d’Afrique, elles ont actuellement une espérance de vie inférieure aux hommes 337. 443. Dans les républiques de l’ex-Union soviétique, les femmes ont une espérance de vie nettement supérieure (10 ans au moins) aux hommes. La leur a décliné à la fin des années 80 et au début des années 90 340, avant d’augmenter légèrement puis de stagner. Les causes de ce déclin sont discutables, mais sont en partie li ées à l’augmentation du stress, des maladies cardiaques et des décès provoqués par l’alcool consommé en raison des troubles politiques. Ces changements dans la durée de l’espérance de vie témoignent de l’influence des contextes social et politique sur la santé et la longévité 337. 444. Dans les pays industrialisés à revenu élevé, les femmes ont une espérance de vie supérieure (de 4 à 7 ans) aux hommes. Cet écart a culminé dans les années 70, en grande partie en raison du nombre élevé de fumeurs chez les hommes du rant les __________________ 337 338 339 340 14-00069 A. T. Geronimus et R. C. Snow, « The mutability of women’s health with age: the sometimes rapid and often enduring, health consequences of injustice », in Women and Health, 2 e éd., M. B. Goldman, R. Troisi et K. M. Rexrode, éd. (London, Academic Press, 2013). J. Adetunji et E. R. Bos, « Levels and trends in mortality in sub-Saharan Africa: an overview », in Disease and Mortality in Sub-Saharan Africa, 2 e éd., D. T. Jamison et al., éd. (Washington, Banque mondiale, 2006). J. A. Higgins, S. Hoffman et S. L. Dworkin, « Rethinking gender, heterosexual men, and women’s vulnerability to HIV/AIDS », American Journal of Public Health, vol. 100, n o 3 (2010), p. 443 à 445. V. Shkolnikov, M. McKee and D.A. Leon, « Changes in life expectancy in Russia in the mid1990s », The Lancet , vol. 357, No. 9260 (2001), p. 917 à 921.; D. A. Leon et al., « Huge variation in Russian mortality rates 1984-94: artefact, alcohol or what?, The Lancet, vol. 350, n o 9075 (1997), p. 383 à 388. 187/324