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7.2.1. Les façons de faire face à la maladie
« Faire comme si de rien n’était » ou « se battre contre le cancer » sont deux façons de
réagir qui pourraient s’apparenter aux deux faces de la réaction primaire d’adaptation
comportementale, la fuite ou le combat (Cannon, 1932). Ce mécanisme de self régulation
serait en quelque sorte le niveau le moins élaboré du coping.
Les termes de combat, lutte, bataille, révolte, guerre contre le cancer sont largement
utilisés par les médias et les associations de patients. En conséquence, il est difficile de savoir
s’il s’agit d’une réaction spontanée du sujet, ou d’une réaction influencée par le social, l’Alter.
Quant à la réaction de fuite (faire comme si de rien n’était, vivre normalement…), elle
pourrait permettre de répondre au besoin de réinstaurer les croyances de base ébranlées par
l’événement maladie en « réintroduisant » le quotidien. Cette réaction peut évoquer la vision
de Heidegger (1927) sur le souci lié aux préoccupations quotidiennes qui absorbe le Dasein
(l’être au monde, la conscience de l’être). Le philosophe appelle déréliction cet état quotidien
d’absorption. D’une certaine façon, le cancer vient remettre en cause cet état, ce « rapport au
Monde » qui rassure. La perte de cet objet (le quotidien, la vie normale) provoque de
l’angoisse : ainsi, la fuite dans la quotidienneté pourrait bien s’avérer un moyen particulier de
faire face au cancer… en évitant de lui faire face.
L’acceptation – en tant que stratégie d’adaptation face aux événements incontrôlables –
a fait l’objet de controverses, certaines études suggérant qu’il s’agit d’une stratégie efficace,
alors que d’autres reportent des effets négatifs sur la santé mentale. Nakamura et Orth (2005)
ont testé et validé une distinction entre deux formes d’acceptation : l’acceptation active et
l’acceptation résignée.
L’acceptation active consiste à intégrer une situation négative difficile et à la gérer dans
un sens constructif, sans chercher à dispenser des efforts stériles pour contrôler ce qui ne peut
l’être. En revanche, l’individu continue, lorsque c’est possible, de cultiver des choses qui ont
du sens et de poursuivre des objectifs malgré les difficultés. Ce type d’acceptation est
caractérisé par des états émotionnels équilibrés et pacifiques. En revanche, l’acceptation
résignée désigne non seulement l’abandon du contrôle de la situation actuelle, mais aussi de
toute autre action dirigée vers l’extérieur. Ce comportement passif est associé avec des
attentes négatives pour le futur, un évitement et une perte d’espoir (op. cit., 2005).
Ce deuxième type d’acceptation peut être rapproché du sentiment d’impuissance qui
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