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équipements fixes dans la production. En outre, elle a fait que les salaires réels ont commencé à augmenter bien avant que l’excédent général de main-d’œuvre ait été résorbé et ait permis un accroissement de la demande globale. Naturellement, les mouvements migratoires de main-d’œuvre, l’hétérogénéité de celleci, génératrice de phénomènes de non-appariement entre les qualifications offertes et demandées, les variations de prix et de salaires, la politique du crédit, sont autant d’éléments qui contribuent à rendre plus complexe l’évolution de l’emploi. On peut imaginer, par exemple, que la distribution de crédits supplémentaires aux entreprises, pourvu qu’une main-d’œuvre supplémentaire soit aussi disponible, permet d’éviter la diminution du capital circulant et donc de l’emploi pendant la période de transition. Le crédit apparaît ainsi d’autant plus indissociable de l’innovation qu’en fournissant les ressources supplémentaires requises, il permet d’éviter que ne se propage un chômage involontaire. Les thèses en la matière de Joseph Schumpeter s’en trouvent confortées. Il reste qu’il n’y a pas de scénario optimal. De nombreuses difficultés qui tiennent à la coordination de l’activité économique sont susceptibles d’entraver la création de richesses. Les conditions de la transformation des gains de productivité en création de richesses et d’emplois La résorption d’un chômage qui résulterait de la diminution du capital circulant dépend étroitement de la capacité des économies à transformer des gains physiques de productivité ou des accroissements de variété des biens en création effective de richesses, c’est-à-dire en gains monétaires au bénéfice des entreprises, des salariés et des consommateurs. C’est ici qu’interviennent les mécanismes de concurrence et de répartition des revenus. Gains de productivité et réductions de coûts peuvent avoir plusieurs usages : des profits plus élevés, qui sont soit consommés, soit investis, c’est-à-dire dépensés pour l’achat de facteurs de production ; des salaires plus élevés, qui sont consommés ; des prix plus bas au bénéfice des consommateurs ou d’autres firmes quand il s’agit de biens de production. Selon la pondération entre ces divers effets, les conséquences des gains de productivité sur la croissance et l’emploi sont différentes. Il est des arguments pour considérer qu’avec des prix constants et des revenus du capital ou du travail qui augmentent, la croissance du revenu global et la compensation du chômage ne se produisent pas ou se manifestent plus lentement et avec une moindre ampleur que lorsque les prix diminuent en proportion avec les coûts. Ces arguments reposent sur une analyse des mécanismes de propagation. Quand, au niveau d’une entreprise ou d’un marché particulier, les gains de productivité sont intégralement distribués en hausse des salaires et des profits, et ne donnent donc pas lieu à des baisses de prix, le mécanisme de propagation qui permet que les gains de productivité conduisent à une extension des marchés est sérieusement altéré. Du fait de l’absence d’un effet prix (i.e. un effet de substitution), la demande du bien concerné n’augmente pas, pas plus que n’augmente la demande d’autres biens par le jeu d’un effet revenu. Le manque d’élasticité des prix par rapport aux coûts bloque le jeu des élasticités prix et revenu de la demande. Il apparaît alors qu’un défaut de concurrence sur les marchés de biens, en empêchant que les consommateurs ne bénéficient aussi des résultats du progrès technique, est préjudiciable au bien-être et sans doute à l’emploi global. document 6 « La diminution des prix ne concerne pas seulement les consommateurs ni même ne les concerne principalement. Dans la mesure où les biens, plus ou moins largement utilisés comme facteurs de production, deviennent meilleur marché, les bénéficiaires sont les producteurs. Au final, ce sont de nouveau les consommateurs qui sont favorisés par ce processus, et, bien sûr, leur gain ultime est considérablement plus grand que n’importe quel accroissement de leur revenus monétaires qui aurait pris place alternativement à la baisse de prix. La réduction des prix des biens de production a une influence sur les coûts, et par suite sur les prix, et de nouveau sur les coûts d’innombrables autres biens. La diffusion des réductions successives de coûts affecte inévitablement toutes les firmes, quelle que soit leur taille, et est beaucoup plus large que dans n’importe quel autre cas. Si, d’un autre côté, les prix ne diminuent pas et les revenus monétaires augmentent graduellement à mesure que les changements Croissance, progrès technique et emploi 69