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- 65 - doivent se constituer les EPCC ? A quelle logique répondent-ils précisément ? Dans quel but et pour quel objet sont-ils constitués ? Ces EPCC contribuent-ils au développement de l’intercommunalité en matière culturelle, sont-ils un outil de promotion des politiques culturelles locales, ou un outil de partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales ? Quels sont les domaines précis dans lesquels ils doivent intervenir ? Les réponses qui seront apportées à toutes ces questions dicteront celles qui seront apportées en matière statutaire. En effet, les questions statutaires sont secondaires dans le dossier qui nous occupe aujourd’hui. La difficulté à laquelle nous sommes confrontés est liée à la volonté même du législateur de doter les collectivités territoriales et l’Etat d’un cadre juridique extrêmement souple et qui se caractérise par sa capacité d’adaptation à la diversité des situations qui sont rencontrées sur le terrain. La loi a posé le principe que les établissements publics de coopération culturelle à caractère administratif pouvaient recruter des agents issus de la fonction publique territoriale. Le cadre dans lequel les établissements à caractère administratif peuvent recruter est suffisamment clair. Lorsque ces EPCC sont constitués sous forme d’EPIC, les personnes recrutées bénéficient du statut de droit privé. Le cas des directeurs de ces EPCC doit être traité à part : c'est la raison pour laquelle j’y reviendrai ultérieurement. En ce qui concerne les directeurs des EPCC, la loi précise que ceux-ci doivent être choisis et mandatés par le conseil d’administration. Le mandat des directeurs n’est pas limité par la loi. En l’état actuel, les directeurs sont des agents de droit public, quel que soit le statut de l’établissement concerné. Il nous revient de déterminer les règles d’accès à l’emploi, les conditions de rémunération ainsi que la durée du mandat. Contrairement à ce que l’on peut croire, ces règles s’accommodent fort bien du statut de la fonction publique. En effet, la règle fondatrice de celle-ci, qu’il s’agisse de la fonction publique de l’Etat ou des collectivités territoriales, est la séparation du grade et de l’emploi. Elle présente la souplesse suffisante pour répondre au cadre de la loi du 4 janvier 2002. La loi du 26 janvier 1984 qui concerne la fonction publique territoriale a été fondée sur deux principes que je crois utile de rappeler ici. Le premier est la libre administration des collectivités territoriales. Le deuxième est la parité avec la fonction publique d’Etat. Ce rappel est d’autant plus important que la loi fixe un mode spécifique s’agissant de la désignation du directeur de l’EPCC. Si l’on se réfère donc au statut de la fonction publique, il importe de préciser que le Conseil constitutionnel avait, en son temps, jugé, lors de la publication de la loi du 26 janvier 1984, que le principe de la libre administration des collectivités était assuré pour autant que l’autorité territoriale, investie du pouvoir de nomination, puisse nommer des agents à des emplois publics et puisse recruter librement les personnels de direction. Dès lors, la fonction publique s’est organisée autour d’emplois de grade et d’emplois fonctionnels de direction. Nous pourrions imaginer que la fonction de directeur d’EPCC soit fondée sur ces emplois fonctionnels. La difficulté particulière réside cependant en ceci que nous ne connaissons pas très bien aujourd’hui, eu égard à la diversité des établissements publics de coopération culturelle, comment il convient de calibrer ces emplois de direction. Certains d’entre nous savent fort bien que les emplois fonctionnels sont à durée déterminée. Ils sont, en effet, pourvus par voie de détachement ou par voie directe. Ils pourraient donc parfaitement correspondre au mandat du directeur de l’EPCC sur la base d’un projet culturel et artistique précis. Je souhaite vous sensibiliser à la réelle difficulté que la variété des EPCC constitue. Quel mode de reconnaissance doit-on accorder au directeur d’un EPCC selon que celui-ci est constitué d’un seul ou de plusieurs établissements ? Nous avons