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LA BIÈRE. Fig. 218-219. 379 Bidon et col du bidon pour préparer la levure de bière, dans le procédé Pasteur. des fûts. On trouve au fond de la cuve un dépôt de levûre épaisse, parfaitement pure, dont le poids peut varier de 15 à 20 kilogrammes. C'est cette dernière levure qu'on recueille enfin, et qui, portée à la brasserie, sert à l'ensemencement des cuves ouvertes à la façon ordinaire des brasseurs. Tel est le procédé qui sert à M. Pasteur à obtenir des bières à l'abri de toute altération. Ses conséquences, au point de vue commercial, sont de premier ordre. Supprimer l'emploi de la glace pour la fabrication et la conservation de la bière, c'est, d'une part, apporter à la brasserie une économie considérable, et, d'autre part, l'affranchir des difficultés qu'elle éprouve souvent à s'approvisionner de cette matière. On pouvait craindre que la bière étant préparée, en suivant ce procédé, constamment à l'abri de l'air, le produit différât des bières ordinaires, car il pouvait se faire que dans le cours des opérations effectuées selon le procédé habituel, l'oxygène de l'air intervînt pour exercer son action sur les produits sapides et odorants du moût. La pratique a heureusement démenti cette prévision défavorable l'oxigène de l'air peut être écarté sans inconvénient pendant le refroidissement du moût et sa fermentation de sorte que la bière obtenue par le procédé Pasteur a toutes les qualités de bières ordinaires, et elle a l'avantage d'une longue conservation, tous les ferments qui sont la cause déterminante de sa destruction, étant exclus des appareils. Une société s'est formée, à Paris, pour l'exploitation de ce procédé, et des ateliers ont été créés en France, notamment à Tantonville, près de Nancy, chez MM. Tourtel frères, qui fournissent aujourd'hui à la consommation des bières inaltérables. A Marseille, M. Velten a mis en usage ce même procédé, avec des appareils fondés sur le même principe que celui de M. Pasteur, mais disposés autrement que ceux de