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Ces perspectives nous privent d’analyses sociologiques qui nous permettraient de
comprendre les dynamiques interindividuelles et les réseaux sociaux à l’œuvre à travers
la sexualité. Nous retiendrons comme exemple l’analyse de Michel Bozon qui définit
trois types de configurations, des types d’orientations intimes qui associent de manière
stable des pratiques de la sexualité et des représentations de soi : le modèle du réseau
sexuel, le modèle du désir individuel et le modèle de la sexualité conjugale (Bozon,
2001 : 13-15). C’est le premier modèle qui retiendra notre attention. Le modèle du
réseau sexuel suppose une certaine extériorisation de l’intimité, et la sexualité y est
vécue comme une “composante ordinaire de la sociabilité, génératrice de capital social
mais également créatrice de liens d’interdépendance”. “La sexualité peut être aussi
considérée comme un élément central de l’identité sociale, voire un trait d’identité professionnelle […] pour lequel la sexualité, la séduction et toutes les formes de mise en
scène de soi fonctionnent comme modes d’acquisition de capital social et donc comme
élément de reconnaissance.” Il donne comme exemple les hommes de la communauté
gay, des hommes polygames mais aussi les professions de l’art, du spectacle ou de
l’information, et les travailleurs-euses du sexe (Bozon, 2001 : 16-17). Il rappelle
cependant que pour les femmes et seulement pour elles “l’inscription dans un réseau
sexuel peut impliquer une situation de dépendance unilatérale, une réputation
dévalorisante ou une véritable stigmatisation” (Bozon, 2001 : 18). On peut, avec ce type
d’analyse sociologique, dépasser le cadre restrictif des tendances à la normalisation par
une tentative de moralisation des variations de la sexualité et de ses “orientations
intimes”.
2. Les archétypes masculins-féminins
2.1. L’idée moderne du couple hétérosexuel selon François de Singly
L’un des sociologues de la famille qui ont intégré les rapports sociaux de sexe et que
l’on peut qualifier de proféministe nous propose une classification idéal-typique des
hommes dans le couple.
Dans son ouvrage de 1996, François de Singly établit une typologie des conjoints dans
les couples contemporains : “le pygmalion”, “le gentleman”, “le mari”. Le premier
encourage l’autonomie de sa partenaire en valorisant sa carrière professionnelle. Le
second encourage également sa compagne, mais il lui rappelle aussi ses contraintes
“objectives” et ses “obligations familiales” ; “il est préoccupé avant tout par
l’accumulation de capital pour lui-même” (de Singly, 1996 : 70). Le “mari”, lui, a besoin