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c) Ne proposer en apparence aucune progression, aucun texte-noyau,
c’est-à-dire donner à lire en même temps les textes du réseau pour que
s’engagent entre eux des allers et retours.
Nous avons montré (Tauveron, Sève, 1999) comment la lecture en
réseau ainsi envisagée, en mettant en relation des œuvres traversées par
exemple par une même symbolique cohérente mais opaque à première vision
est comparable dans ses effets au jet de la pierre dans le lac qui propage de
texte en texte des ondes de plus en plus larges et fait remonter à la surface des
éléments de sens qui finissent par s’agglutiner et prendre forme. Comment en
particulier, des élèves de dernière année de primaire pouvaient être, dans un
premier temps, dérangés par l’écriture symbolique de Rascal, qui parle du
désir et de la difficulté de grandir au travers des images de l’eau, du feu, des
saisons, ce que révèlent assez les propos tenus à l’origine sur l’une des œuvres
du réseau, Fanchon, récit mettant en scène une petite fille recouverte de
masques qu’elle arrache et brûle un à un: «C’est très beau mais on n’y comprend rien». Comment, à l’inverse, mis dans la situation de s’en approprier le
fonctionnement par la confrontation avec d’autres œuvres de l’auteur (Moun,
Pied d’or), ils pouvaient trouver, à partir d’un petit bout de fil (la symbolique
transparente de l’eau dans Moun tout particulièrement), le principe du dévidage complet (un principe jusqu’alors non perçu et qui invite à une révolution cognitive: certaines œuvres réclament, pour être comprises, une lecture
métaphorique) et accéder ainsi in fine à une compréhension possible enfin
satisfaisante:
S - Elle sort vainqueur de ses masques
J - A force de vouloir plaire elle a peur de
déplaire
MG - Elle n’existe plus quand on ne lui donne
pas d’ordres
S - A chaque fois elle met un masque parce
qu’elle n’est pas la vraie Fanchon / elle fait ce
qu’on lui dit pour plaire et puis c’est tout
L - Alors un jour elle se perd en elle-même et
elle essaie de retrouver sa vraie personnalité
M - Comment fait-elle?
L - Elle utilise le feu et elle brûle la fausse
Fanchon et elle devient la vraie
Le et Lu - Nous on avait pas compris mais on
l’avait quand même trouvé très beau
M - Qui encore n’avait rien compris à
Fanchon?
[18 élèves lèvent la main)
M - Et maintenant qui a compris des choses?
[tous lèvent la main]
M - A partir de quoi avez-vous compris?
A - Moi j’ai compris quand j’ai compris ce
que c’était les masques
Mo - Moi aussi et quand j’ai vu l’importance
du feu et quel était son rôle.
M - C’est-à-dire?
Mo - Ben il permet à Fanchon de se libérer
C - Elle renaît de ses cendres / «de la cendre
sombre... à la lumière».
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