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2 Le Monde
Dimanche 6 - Lundi 7 janvier 2008
DOSSIER
Les programmes
phares de la TNT
Sport, musique, télé-réalité, cinéma, séries… A priori, les chaînes de la TNT n’offrent
rien de très innovant. Mais en jouant sur la contre-programmation et en visant
un public plus jeune, les nouvelles venues ont réussi leur percée. Et elles continuent
d’affiner leur stratégie pour détourner public et publicité à leur profit
E
N 2007, les grandes chaînes hertziennes ont vacillé.
L’attaque est venue
de la TNT (la télévision numérique terrestre, lancée en
mars 2005) avec une offre comprenant aujourd’hui dix-huit chaînes gratuites. En deux ans, celles
qu’on appelle encore « les petites
chaînes » n’ont cessé de grignoter des parts d’audience. Et leur
montée en puissance ne devrait
pas faiblir puisque, pour le moment, seuls 23 % des téléspectateurs vivent dans un foyer équipé
TNT, selon Médiamétrie.
Si les qualificatifs les moins flatteurs avaient accompagné le lancement de nouvelles venues
comme NT1, NRJ 12, Europe2 TV
(rebaptisée Virgin 17 depuis le
1er janvier), Direct 8 et autres W9,
vues comme autant de « robinets
à clips » ou de « chaînes du pauvre », il en va aujourd’hui autrement. Non que la qualité et l’innovation soient souvent au rendezvous, loin de là, mais parce que
peu à peu, pour se différencier et
être mieux identifiées, chacune
tend à proposer de plus en plus
de programmes inédits et d’émissions « maison ».
D’ores et déjà, sur la seule
TNT, certaines des nouvelles
chaînes font plus d’audience
qu’une historique comme Arte…
Au sein du trio de tête, en novembre 2007, la mini-généraliste TMC (groupes TF1 et AB),
a fait jeu égal avec France 5, devant W9 (filiale de M6) et la
chaîne jeunesse Gulli (France
Télévisions et Lagardère).
Grâce à quels ingrédients
cette nouvelle offre télévisuelle
séduit-elle le public ? Quels sont
les programmes forts de la
TNT ? Revue de détail – non exhaustive – des fictions, magazines ou événements sportifs qui
égratignent la suprématie des
grandes chaînes.
Martine Delahaye et
Guillaume Fraissard
Carton
plein grâce
au cinéma
« Torchwood » diffusé sur NRJ 12. RUE DES ARCHIVES/COLLECTION BCA
Des séries à foison
COMME les chaînes hertziennes,
celles de la TNT parient sur les
séries. TMC a ainsi investi dans
des séries américaines parfois
inédites en France, à l’image de
Smith, créée pour CBS par John
Wells (auteur d’Urgences), qu’elle
va lancer courant janvier. De
même, « Torchwood », sur
NRJ 12, ou « Kyle XY », sur W9
(650 000 téléspectateurs), témoignent qu’il y a une vie en dehors
des « Experts » et de « Desperate
Housewife ».
Pour autant, si France 4 diffuse
avec succès « FBI : Portés disparus », c’est un volet de la saga française « Un gars, une fille », qui,
en juin, a réalisé la meilleure part
d’audience en 2007 de la « chaîne
jeunes » du service public. Pour sa
part, Gulli a fidélisé un public de
filles avec « Grand galop », une
série australienne sur le cheval. Et,
à partir du 7 janvier, elle mise sur
le feuilleton familial en rediffusant
notamment la première saison de
« Plus belle la vie » (France 3). a
SI LE CINÉMA a perdu un peu
de son aura sur les chaînes hertziennes, il fait le bonheur de la
TNT. Les soirées films sont sans
conteste celles qui réunissent régulièrement le plus de monde. Direct 8 comme France 4 comptent
ainsi trois soirées cinéma parmi
leurs cinq meilleures audiences 2007. De même, s’appuyant
sur les blockbusters tels que
Matrix, en plus des comédies
françaises et américaines, TMC a
connu un record d’audience en
prime time, avec un pic au-dessus
du million de téléspectateurs, en
diffusant Le Flic de Beverly Hills,
pourtant vu et revu.
Preuve qu’il existe bel et bien
un marché – surtout auprès du
public jeune – pour les énièmes
diffusions, à un moindre coût.
On retrouve cette même politique
de programmation sur NRJ 12
et W9, avec des films qui ciblent
avant tout les adolescents
et attirent régulièrement plus
de 600 000 téléspectateurs. a
Un peu d’érotisme tard le soir
POUR DOPER l’audience, il existe une valeur sûre qui se dément
rarement : l’érotisme. Un créneau que M6 a longtemps
exploité en programmant, chaque dimanche à minuit, un téléfilm
« olé-olé » interdit aux moins de 16 ans (1 million de téléspectateurs en moyenne).
Désormais, pour voir ou revoir un vieux Tinto Brass, l’intégrale
des Emmanuelle ou d’autres nanars des années 1980 du genre Patricia, un voyage pour l’amour avec Anne Parillaud, il faut se brancher le soir sur NT1, aux alentours de 23 heures. « Cela fonctionne
extrêmement bien », reconnaît la chaîne, qui peut aussi puiser
dans un large catalogue de films fripons américains, italiens ou allemands. Pour ne pas être en reste, W9 va se lancer dans le strippoker avec une nouvelle émission présentée par Eve Angeli. Est-il Les films de Tinto Brass ont la cote
bien utile de rappeler les règles de ce dérivé du jeu de cartes ? a
sur NT1. THE KOBAL COLLECTION