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statut d’une région est effectuée à l’aide de
valeurs moyennes par type d’animal. « À partir
d’un cheptel recensé pour chaque production
animale, la valeur en azote et phosphore des
engrais de ferme est évaluée à partir des
données tirées de la littérature pour des
déjections fraîches » (Delisle et al., 1997). Les
données les plus utilisées proviennent des
Grilles de référence en fertilisation du Conseil
des Productions Végétales du Québec (CPVQ,
1996). L’utilisation de valeurs moyennes sans
information sur l’étendue de variation de cellesci ne permet pas de prendre en considération
l’effet de l’hétérogénéité des entreprises. Et
encore moins d’évaluer spécifiquement l’impact
des différentes conditions d’élevage et de régie
des lisiers des entreprises. Au niveau régional,
ceci revient à considérer, par exemple, que les
rejets de toutes les truies de maternités sont
identiques, peu importe les caractéristiques de
génétiques, de nutrition ou de gestion des lisiers
des entreprises dont elles proviennent. Il est
évident que ce n’est pas le cas et que ces
conditions influencent les rejets d’azote
d’origine animale ainsi que les pertes azotées
vers l’atmosphère sous forme ammoniacale.
Pour en tenir compte, il faut ajouter une
dimension « entreprise » à la dimension animale
déjà existante (figure 1b).
a)
Animaux
b)
Animaux
Région
Entreprise
(géoréférencée)
Région
Figure 1. Modèle conceptuel de la production
porcine régionale a) situation actuelle, b)
situation proposée.
On trouve actuellement des variations
importantes au niveau de la génétique, de
l’alimentation,
des
caractéristiques
des
bâtiments et de la régie des lisiers entre les
différentes entreprises porcines au Québec
(Gilbert et al., 1998). Afin de mieux représenter
l’impact de l’hétérogénéité des entreprises, il
serait souhaitable d’utiliser une méthode qui
permette de tenir compte non seulement du
nombre d’animaux mais aussi des différences
entre les entreprises.
Un second type d’évaluation a été utilisé
récemment. Il s’agit de l’utilisation de valeurs
moyennes de contenu en azote de lisier
auxquelles on apporte certains ajustements pour
effectuer des corrections et ainsi tenir compte
de certaines caractéristiques d’entreprise. Le
recensement
agroenvironnemental
des
exploitations porcines du Québec effectué pour
la Fédération des Producteurs de Porcs du
Québec en est un exemple (Gilbert et al., 1998).
Dans ce cas, l’évaluation de la charge
fertilisante a été réalisée à partir de valeurs
moyennes de lisier, qui ont été ajustées pour
tenir compte des caractéristiques de l’entreprise
(par exemple : l’utilisation d’un système
multiphases menait à l’utilisation d’une
réduction de 10% de la charge, l’utilisation
d’acides aminés de synthèse réduisait de 10 %
la charge, etc.). Dans ce type d’évaluation, les
interactions entre les différentes caractéristiques
des entreprises ne sont pas nécessairement bien
représentées. Par exemple, l’impact relatif
d’une réduction des superficies de volatilisation
d’azote ammoniacal ne sera pas le même si le
pH du lisier est modifié par des changements
dans l’alimentation.
Afin de permettre une meilleure estimation de
la charge en azote des effluents d’origine
porcine à l’échelle régionale, une nouvelle
méthode devrait permettre d’une part,
d’effectuer une évaluation plus exacte de l’offre
en azote des entreprises en considérant les
interactions, et d’autre part, d’estimer l’impact
des changements de gestion des animaux et des
rejets à l’échelle de l’entreprise. La simulation
apparaît comme un outil privilégié pour évaluer
le comportement dynamique des différents
facteurs qui contribuent à l’hétérogénéité des
entreprises porcines québécoises.
Une approche par simulation est d’autant plus
intéressante qu’elle permet d’agir de manière
proactive à l’échelle des régions. Ce projet se
compose de deux grandes parties : la première
est la construction et la validation d’un modèle
mathématique de l’entreprise porcine. La
seconde est l’étude, à l’aide de ce modèle de