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ÉCONOMIE 4 L'ESSENTIEL POINT DE VUE DE CHARLES GAVE Quand la technostructure française et le Parti communiste rompent une alliance éternelle… à cause de l’Allemagne. Achetez des actions françaises ! C omme chacun le sait, ou devrait le savoir, la France depuis 1945 (Conseil national de la Résistance) est dirigée par un curieux attelage composé d’un côté de hauts fonctionnaires quelque peu « moines soldats » et souvent gaullistes, censés représenter les intérêts de la France éternelle (avec un grand F) et de l’autre des permanents de syndicats communistes (qui, eux, représenteraient le Peuple des travailleurs, tout aussi éternel) et à qui on a laissé à la Libération le contrôle de secteurs stratégiques, du style EDF, SNCF, Education, cet arrangement garantissant à chacun des deux groupes la pérennité de leur pouvoir indépendamment des vicissitudes de la politique politicienne. L’idée que cet arrangement avait disparu avec la fin du Parti communiste est bien entendu une idée complètement farfelue, tant les « forces vives » de notre cher et vieux pays ont vu leur rôle s’accroître avec la hausse du secteur communiste dans l’économie depuis 1981 (lire L’Etat est mort, vive l’état ! François Bourin éditeur). L’embêtant, c’est que pour les premiers (nos moines soldats) le but essentiel de leur politique, tant ils ont été marqués au fer rouge par la déroute de 1940, a toujours été que la France ne « décroche pas » par rapport à l’Allemagne. Or, depuis la réunification outre-Rhin, l’économie française s’était endormie dans une douce quiétude devant les difficultés que l’Allemagne connaissait depuis 1989. Pourquoi se donner du mal si l’Allemagne avait des problèmes ? Après tout, les problèmes en Allemagne nous garantissaient des taux d’intérêt bas qui permettaient de s’endetter à bon compte. Le choix pour MM. Mitterrand et Chirac, bien connus pour leur zèle réformateur, était : je réforme et je me mets mal avec tout le monde, ou j’emprunte et tout le monde m’aime… Que croyez-vous qu’ils firent ? (Pas d’abonnement gratuit à InvestirLe Journal des Finances pour celui qui trouve la bonne réponse. Trop facile…) « Quand la technostructure et les syndicats rompent leur alliance à cause de l’Allemagne » Aujourd’hui, l’Allemagne qui s’est reformée dans l’ombre depuis plus de dix ans (réformes Schröder) émerge à nouveau, sûre d’elle-même et dominatrice, comme l’aurait dit de Gaulle en parlant d’un autre (petit) pays… Panique générale chez nos moines soldats devant le marché « clés en main » que propose Mme Merkel lors de la crise de l’euro au printemps dernier : ou bien la France se réforme, ou bien l’Allemagne cesse de soutenir l’euro. Ce qui veut dire en termes clairs : ou bien vous cassez cette alliance contre nature entre les technocrates et les communistes (le secteur à réformer EST par essence le secteur communiste) ou bien l’Allemagne reprend sa liberté et le Deutsche Mark renaît de ses cendres, assurant ipso facto la domination sans partage de l’Allemagne sur l’Europe. Bref, le choix pour nos dirigeants est de trancher entre leur vieille alliance avec ce que j’ai appelé le secteur communiste et le rêve européen de nos moines soldats. Et le choix a été fait… Le secteur communiste va être réformé, qu’il le veuille ou non, et le vieux pacte liant les communistes et notre technocratie et qui datait de 1945 est caduc. Vingt ans après la chute du mur de Berlin on peut donc espérer que le mur de Berlin mental que nous avons soigneusement conservé en état de marche en France va enfin tomber, sous la pression, ironie suprême, d’une ex-Allemande de l’Est, la chancelière Angela Merkel. Et cela me rend très optimiste sur la France. Comme je ne cesse de l’écrire dans mes livres, la France a tous les atouts pour réussir dans le monde de la connaissance qui se profile et la seule chose qui la bride aujourd’hui dans son envol est ce monstrueux secteur communiste, héritier dramatique d’une idéologie surannée. Mais les Eglises survivent souvent à la mort des dieux et notre église communiste continue à sévir alors même que plus personne ne croit à l’idéologie marxiste. La bête blessée à mort a encore des forces. Mais l’issue de la lutte est certaine. Les Allemands ont fait tomber leur mur de Berlin. Ils vont nous forcer à faire tomber le nôtre. Achetez des actions françaises ! Rendez-vous dans trois ans. *Samedi 12 mars 2011 Investir-Le Journal des Finances n° 1940 ÉCONOMIE. Le XIIe plan quinquennal de la Chine vise une inflation et une croissance plus mesurées. PÉKIN POURSUIT SA LUTTE CONTRE L’INFLATION C’ est ce que les dirigeants du monde entier attendaient. Pour le XIIe plan quinquennal chinois, le Premier ministre, Wen Jiabao, a mis l’accent sur l’émancipation sociale de son pays en promettant, entre autres, d’augmenter le salaire minimum de 13 % par an d’ici à 2015. A l’heure où les grands argentiers du G20 cherchent par tous les moyens à lutter contre les grands déséquilibres économiques mondiaux, voilà qui va permettre d’en résoudre un de taille. En maintenant un yuan artificiellement sous-évalué et en raison de la faiblesse de sa consommation domestique (voir graphique ci-contre), la deuxième économie mondiale entretient artificiellement depuis des années un solde commercial très excédentaire, accumulant des réserves de change pléthoriques et creusant les déficits de ses partenaires commerciaux. Priorité au « bien-être de la population » Sans doute encouragés par les révolutions arabes, le développement de la demande domestique et l’importance accordée au « bien-être de la population » évoqués par le Premier ministre chinois sont donc cruciaux pour le reste de la planète. D’autant que, pour ce faire et afin de respecter un nouvel objectif de croissance de 7 % jusqu’en 2015, Pékin fait de la lutte contre la hausse des prix, qui touche les ménages les plus modestes, sa priorité. Avec une inflation supérieure à 5 % et un taux de croissance devant avoisiner les 10 % cette année, si l’on en croit les prévisions du FMI, la Banque centrale chinoise va donc accentuer les hausses de taux d’intérêt et les ratios de réserves obligatoires pour les banques dans les prochains mois. To u t e l a r é g i o n œ u v r e Une hausse de la consommation chinoise permettra de rééquilibrer la balance commerciale 72 Consommation privée, en % du PIB 68 Etats-Unis 64 60 56 52 48 Chine 44 40 36 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Sources : Natixis, BEA Solde commercial de la Chine, en milliards de dollars - 7,3 40 en févr. 30 20 10 0 -10 2005 2006 2007 aujourd’hui en ce sens, avec, rien que cette semaine, un relèvement des taux directeurs en Thaïlande et en Corée. Nombre d’économistes estiment que les marchés émergents devraient avoir terminé leur cycle de resserrement monétaire à la fin du premier semestre, dissipant les craintes inflationnistes, qui constituent l’un des sujets de préoccupation majeure sur les marchés. Le scepticisme demeure Comme pour entériner le nouveau plan quinquennal, la Chine vient de surprendre avec la publication d’un solde commercial déficitaire pour le mois de février. A 7,3 milliards de dollars, c’est le plus important déficit commercial enregistré depuis sept ans. Les importations ont bondi de 19,4 % tandis que les exportations ont seulement gagné 2,4 %, leur plus faible progression de- 2008 2009 2010 .11 puis 2009, le nouvel an chinois ayant énormément perturbé les livraisons. Mais beaucoup restent sceptiques sur la volonté et la capacité du gouvernement à tenir ses engagements. « Le discours n’a pas fondamentalement changé depuis le dernier plan, l’amélioration de la consommation avait déjà été évoquée il y a cinq ans, sans grand succès ensuite. Il va falloir beaucoup de temps pour mettre en place un vrai système de protection sociale, qui est la seule façon de faire baisser l’épargne des ménages sur le long terme », estime Françoise Nicolas, spécialiste de l’Asie à l’Ifri (Institut français des relations internationales). Reste que les intentions du gouvernement ont été quelque peu bousculées par la récession économique mondiale de 2009. Tout espoir est donc permis pour les prochaines années. Caroline Mignon La reprise profite enfin à l’emploi ▶ Le temps où l’on déplorait une reprise dépourvue de création d’emplois semble désormais révolu. Après les indicateurs d’activité, le commerce mondial, les enquêtes d’opinion et même les taux de croissance, c’est enfin au tour des chiffres de l’emploi de décoller. Aux Etats-Unis, le taux de chômage est passé en février sous la barre des 9 % pour la première fois depuis avril 2009. Si ce rythme de création d’emplois se poursuit, le taux de chômage sera réduit à 6,9 % avant novembre 2012, à la veille de l’élection présidentielle. De son côté, l’Allemagne a creusé le fossé avec les autres économies européennes en publiant des chiffres d’une insolente santé sur le marché du travail. En amélioration depuis mi-2009, son taux de chômage a reculé à 7,3 % en février, à un plus-bas depuis décembre 1991. La reprise de l’emploi français avance plus timidement, avec un recul de 0,7 % du nombre de chômeurs en janvier et 120.000 créations de postes l’an dernier. Pour la zone euro, le taux de chômage est redescendu seulement à 9,9 % en janvier, contre 10 % en moyenne sur 2010. Le Royaume-Uni semble être l’une des rares grandes économies où l’emploi se dégrade, en janvier, en raison des suppressions de postes dans la fonction publique. Et, si les tensions persistent sur le marché du pétrole, ce sont toutes les économies qui peuvent craindre un retour aux destructions d’emplois. C. M.