Download stem cell compartment
Transcript
– 298 – confisqué, sciemment, arbitrairement, médicalement et légalement, un morceau du puzzle de son identité. Ses parents devraient effectivement digérer leur infertilité et être capables d’en parler. Nous accueillons, au sein de l’association PMA, des donneurs et tous ont à peu près le même discours. Ils expliquent que s’ils ne tiennent pas réellement à connaître les personnes issues de leur don, ils trouvent insupportable de savoir que celles-ci souffrent. Ce n’était pas le but de leur geste ! Enfin, j’ai cru comprendre, de l’intervention de Mme CAMBY, que celleci préfèrerait presque, à la levée de l’anonymat, des dons totalement non répertoriés. Ai-je mal compris quand vous avez expliqué qu’il serait préférable qu’il n’y ait pas de données du tout ? Mme Carine CAMBY J’ai expliqué qu’il était difficile, pour les médecins qui détiennent les données, de refuser les demandes d’accès à celles-ci. Existe-t-il, aujourd’hui, une raison médicale avérée de conserver ces informations dans les centres d’assistance médicale à la procréation ? Je n’en suis pas certaine. M. Jean-Sébastien VIALATTE Nous pouvons peut-être dégager, sur ce sujet, une position commune. Nous déciderions que, si l’anonymat est maintenu, il n’y a aucune raison de conserver les données. Mme Pauline TIBERGHIEN C’est bien ce que j’avais compris ; ces données ne seraient plus détenues par les médecins et je trouve cette perspective très choquante. Je crois que nous en saurons bientôt plus sur la traçabilité du bœuf vendu dans vos supermarchés que sur les enfants nés par IAD. Je souhaite donc finir mon intervention par cette question. Demain, vous rencontrez votre mère qui vous explique que vous êtes issu d’un don de sperme anonyme ? Que ressentez-vous ? M. Alain CLAEYS Madame, nous comprenons votre demande. Il est normal que, dans une réunion comme celle-ci, nous abordions l’ensemble des sujets. Vous devez l’accepter. Pour replacer les propos de Mme CAMBY dans leur contexte, sachez que, même si le législateur décide de revenir sur le principe d’anonymat, la loi ne sera pas rétroactive et les données détenues par les médecins ne seront pas utilisables.