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confisqué, sciemment, arbitrairement, médicalement et légalement, un morceau du
puzzle de son identité. Ses parents devraient effectivement digérer leur infertilité
et être capables d’en parler.
Nous accueillons, au sein de l’association PMA, des donneurs et tous ont à
peu près le même discours. Ils expliquent que s’ils ne tiennent pas réellement à
connaître les personnes issues de leur don, ils trouvent insupportable de savoir que
celles-ci souffrent. Ce n’était pas le but de leur geste !
Enfin, j’ai cru comprendre, de l’intervention de Mme CAMBY, que celleci préfèrerait presque, à la levée de l’anonymat, des dons totalement non
répertoriés. Ai-je mal compris quand vous avez expliqué qu’il serait préférable
qu’il n’y ait pas de données du tout ?
Mme Carine CAMBY
J’ai expliqué qu’il était difficile, pour les médecins qui détiennent les
données, de refuser les demandes d’accès à celles-ci. Existe-t-il, aujourd’hui, une
raison médicale avérée de conserver ces informations dans les centres d’assistance
médicale à la procréation ? Je n’en suis pas certaine.
M. Jean-Sébastien VIALATTE
Nous pouvons peut-être dégager, sur ce sujet, une position commune.
Nous déciderions que, si l’anonymat est maintenu, il n’y a aucune raison de
conserver les données.
Mme Pauline TIBERGHIEN
C’est bien ce que j’avais compris ; ces données ne seraient plus détenues
par les médecins et je trouve cette perspective très choquante. Je crois que nous en
saurons bientôt plus sur la traçabilité du bœuf vendu dans vos supermarchés que
sur les enfants nés par IAD. Je souhaite donc finir mon intervention par cette
question. Demain, vous rencontrez votre mère qui vous explique que vous êtes
issu d’un don de sperme anonyme ? Que ressentez-vous ?
M. Alain CLAEYS
Madame, nous comprenons votre demande. Il est normal que, dans une
réunion comme celle-ci, nous abordions l’ensemble des sujets. Vous devez
l’accepter. Pour replacer les propos de Mme CAMBY dans leur contexte, sachez
que, même si le législateur décide de revenir sur le principe d’anonymat, la loi ne
sera pas rétroactive et les données détenues par les médecins ne seront pas
utilisables.