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survienne. Il convient aussi de traiter cette problématique comme nous l’avons fait
précédemment, sans référence à la tradition du droit.
Les femmes qui ont 55 ans aujourd’hui sont belles, actives et ont une
espérance de vie de trente-cinq à quarante ans. Leur demande d’enfants n’est-elle
pas légitime quand un homme de 60 ans ou de 70 ans peut en avoir un ?
Honnêtement, on ne voit pas comment il serait possible de connoter ce désir
négativement d’un point de vue moral. Néanmoins, la légitimité de ce désir ne
règle tous les problèmes. D’une part, le médecin a-t-il raison, sachant ce qu’il sait,
de faire prendre un risque inconsidéré et dans certains cas un risque
cardiovasculaire, à cette femme ? D’autre part, même si nous connaissons des
exemples qui permettent de répondre négativement à cette question, est-ce un
cadeau à faire à un enfant que de faire en sorte qu’au lieu de pouvoir montrer, à la
sortie de l’école, sa jolie maman, il ne puisse montrer que sa jolie grand-mère ?
Évidemment, il y a tant d’enfants, élevés par leurs grands parents, qui sont
heureux que j’avance ces propos avec beaucoup de prudence. Tout schématisme
doit être écarté.
Quant au problème des femmes sans utérus et la gestation pour autrui, cela
mérite également d’être examiné en évitant les stéréotypes. Deux dangers peuvent
être identifiés. Naturellement, on peut imaginer le cas de deux amies très chères
ou de deux sœurs. L’une d’entre elles rêve d’avoir un enfant. Elle a des ovocytes
normaux, mais ne peut pas porter en raison d’une malformation utérine. La
seconde lui propose dans un mouvement de solidarité de porter son enfant. C’est
bien une manifestation réelle de solidarité.
Mais, il serait extrêmement naïf de ne pas percevoir que dans l’immense
majorité des cas, dans d’autres pays que le nôtre, il s’agit d’une activité
commerciale dans laquelle s’engagent, notamment, des femmes qui se trouvent
dans une situation économique difficile et qui trouvent, dans la location
momentanée de leur ventre, un moyen de répondre à cette situation extrêmement
dégradée. Quoi que vous fassiez, vous devrez prendre en compte cette réalité.
De plus, si vous avancez dans le sens d’une autorisation de cette pratique,
vous serez confronté à un problème majeur : celui du statut de l’enfant. J’ai
rapproché le cas de la femme ménopausée enceinte et celui de la gestation pour
autrui à dessein. En effet, dans les deux cas, il s’agit de mères porteuses. La
femme ménopausée est clairement une mère porteuse. Pourtant, elle considère
comme totalement évident que l’enfant dont elle va accoucher est son enfant. Elle
n’imagine pas qu’on lui dénie la maternité de cet enfant qu’elle a porté.
Or, dans certains pays, par convention, la mère porteuse n’est pas la mère
de l’enfant. Pour autant, la nature des liens tissés par la mère porteuse avec le
fœtus ne peut pas être liée au caractère contractuel d’une convention. C’est
impossible. Par ailleurs, considérer qu’une femme qui porte un enfant pendant
neuf mois et en accouche n’est qu’un utérus, l’ayant transitoirement accueilli sans