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recherche. Ces cellules souches embryonnaires, issues d’un processus normal, et non
manipulées génétiquement, bénéficient à l’heure actuelle d’un grand recul en termes de
travail de recherche, et elles sont normalement impliquées dans le développement
embryonnaire. Il s’agit donc d’une entité embryonnaire normale, même si le fait de la
cultiver in vitro lui confère des contraintes qui ne sont pas physiologiques.
– D’autre part, nous disposons désormais d’une seconde catégorie, qu’on appelle
des « cellules souches adultes », qui sont reprogrammées, et auxquelles on reconfère une
capacité de pluripotence qu’elles ne possèdent pas spontanément. Dans cette catégorie,
on peut faire entrer les cellules que l’on obtient par transfert nucléaire, et l’on peut
depuis très récemment, faire entrer une troisième catégorie de cellules adultes,
auxquelles on peut reconférer des propriétés de pluripotence. Dans ces deux cas, on
obtient également des lignées de cellules dites « souches pluripotentes ». Nous disposons
déjà de plusieurs catégories : l’une comprenant des cellules issues d’un développement
normal, ce sont les cellules souches embryonnaires, et une autre catégorie, que l’on peut
également amplifier de la même façon, possédant des propriétés très proches,
potentiellement très intéressantes d’un point de vue thérapeutique ; il s’agit des cellules
obtenues par reprogrammation d’un noyau adulte, auquel on sait maintenant réinduire
une capacité de pluripotence. Certaines questions sont communes à ces trois entités que
j’ai décrites, du point de vue du mécanisme auquel travaillent actuellement des
chercheurs, qui débouchera éventuellement par la suite sur l’utilité thérapeutique.
La première question essentielle est la connaissance du mécanisme de la
pluripotence. Pour les chercheurs, il s’agit d’une question fondamentale pour la
compréhension de ce qui implique qu’un même patrimoine génétique s’exprimera dans
un cas et non dans un autre. En d’autres termes, qu’est-ce qui fait que dans un
environnement cellulaire un fibroblaste, des gènes de pluripotence ne s’expriment plus,
alors que dans une cellule embryonnaire, ces gènes s’expriment ? Comprendre ces
mécanismes est absolument fondamental. Très récemment, on a pu faire ces découvertes
fascinantes parce qu’on connaissait le mécanisme de la pluripotence à partir de l’étude
des cellules souches embryonnaires murines et humaines. Il faut bien comprendre que la
capacité que l’on possède aujourd’hui de conférer à une cellule adulte, des propriétés de
pluripotence provient de la connaissance accumulée depuis des années sur les gènes qui
contrôlent cette pluripotence chez l’embryon. Le message que j’adresse, est qu’il faut
absolument garder l’étude de ces trois entités en parallèle. Il y a une
« transfertilisation », si je puis me permettre, de l’étude de ces trois entités cellulaires.
La compréhension du mécanisme de pluripotence est fondamentale parce que,
pour le moment, cette pluripotence est spontanée dans les cellules embryonnaires, et
induite dans les cellules adultes à l’heure actuelle, par une manipulation génétique qui
est un transfert de gènes, avec ce que cela peut comporter de risques, notamment de
transformation. Toute une voie de recherche est centrée sur la compréhension du passage
d’une induction de pluripotence par des gènes, à une induction qui pourrait être
pharmacologique, d’où l’intérêt de décrypter ce mécanisme, pour pouvoir ensuite le
modifier, ou l’induire d’une façon qui pourrait être un jour cliniquement acceptable.