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ESSAIS
à auteur ce que perle est à moule». (S'agit-il d'une de ces «moules perlières» décrites par Gaston de Pawlowski à la suite des «poules merlières» ?).
Le numero se prolonge par une interview de Guy Gofette et des traductions
de poèmes d'Alan Sillitoe (le romancier de Samedi soir dimanche matin),
ainsi que de poèmes et chants de Kabylie. Enfm, puisque ce numero n'en
est pas à un paradoxe près, il est illustre par de fort beaux clichés réalisés
par un photographe devenu aveugle. (A. C.)
Poesie 2002, «Poétìque de Georges Perec», n° 94, octobre 2002,128 p.
Pour le vingtième anniversaire de sa disparition (cf. Formules n° 6),
Perec est enfin célèbre comme poète. Lui-mème se le cachait à ses propres
yeux, et de grandes résistances se sont manisfestées chez ses pairs pour
dénier tout statut de poème à ses anagrammes et autres textes sous contraintes, aux «rythmes subtils» (pour reprendre une expression de Charles
Cros). Réparation commence à ètre faite avec ce numero marqué par les
contributions de perecologues. Bernard Magne analyse une des émissions
radiophoniques de Perec, «Poesie ininterrompu»; Christelle Reggiani commente ses deux poèmes déclarés non contraints; David Bellos soulève clairement un sujet sulfureux pour le public francais (le silence des écrits de
Perec sur la sexualité). L'oulipologue Marc Lapprand s'attaché au «grand
palindrome». Spécialiste de la parodie, Daniel Bilous ajoute un onzain
hétérogrammatique à Alphabets. Enfin, un bouquet est offert par des poètes, proches ou lointains : Jacques Roubaud, «Composition rythmique sur
les consonnes du nom de Perec», Marie Claire Bancquart «Un Paris [et non
un pari] lipogrammatique», Jean-Pierre Faye, Paul-Louis Rossi, et enfin
Marcel Benabou, «Dans le sillage de Perec», selon une contrainte proche
de «Je me souviens». Reproduction de quelques brouillons d'hétérogrammes,
et portrait du poète chevelu et barbichu, à découper. Toutes les contributions
sont d'un grand intérèt, traitant souvent de «poétìque» dans son sens extensif,
mais ce numero est loin d'épuiser le sujet. (A. C.)
Der Pudel, n° 3, 2000. Der Pudel Dopplergasse, 5 / 23, 1100 Wien.
Les poèmes anagrammatiques sont un genre beaucoup plus florissant
dans la littérature de langue allemande que dans celle en langue francaise.
La revue viennoise Der Pudel {Le Caniche) présente quatre anagrammeuses,
conformément à la surreprésentation féminine des auteurs utilisant cette
forme : Neda Bei, Petra Nachbaur, Use Kilic, Barbara Zanotti. Chaque auteure
explique sa démarche, initiée par Pexemple d'Unica Ziini. L'humour est
aussi au rendez-vous. Ainsi Use Kilic illustre ses anagrammes de dessins
faits avec sa souris sur l'écran : à Igei Geil (« Hérisson lubrique ») correspond un couple en action de ces animaux (aie !). Retenons aussi ces anagrammes autoréférentiels de Neda Bei : Anagrammgedichte : Ich nagte grade am
m, et de Petra Nachbaur : « anagramma... ? — 'mm ! aaa ! gern ! ». (A. C.)