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Qui a inventé les caractères chinois ?
D’après la légende...
Il existe plusieurs légendes sur l’invention des caractères chinois. Un des
mythes les plus répandus est celui de Cang Jie. C’était un haut fonctionnaire de l’empereur jaune. Alors que l’empereur jaune était en guerre il
appela Cang Jie pour venir l’aider à changer son plan de bataille. Cang
Jie ayant perdu par mégarde le plan de bataille, il se rendit compte que
les techniques de communication de l’époque, comme faire des nœuds
à des ficelles, avaient une portée très limitée. Un jour il partit chasser
dans la montagne. Lorsqu’il vit des empreintes de coq et de cerf dans la
neige, il se dit que ces traces permettaient à tout le monde de deviner
facilement quel animal était passé. Il poussa alors plus loin son raisonnement et commença à inventer un système d’écriture avec des symboles
identifiables par tous. Ce fût le début des caractères chinois. Par hasard
il découvrit aussi que les carapaces de tortues étaient assez carrées et
qu’on pouvait donc y écrire dessus avec grande facilité.
D’après l’histoire et l’archéologie...
La création des premiers caractères chinois est certainement due à
l’observation du réel et des phénomènes naturels.
Les premières tentatives d’écriture en Chine datent d’il y a plus de
5 000 ans.
On estime que l’écriture chinoise remonte à plus de 3500 ans, lors de
la dynastie des Shang. Son ancêtre est l’écriture oraculaire ⩟俕᪴
jiǎgǔwén, inscrite sur des carapaces de tortues ou des os d’animaux. La
plupart de ces inscriptions sont en lien avec la voyance. On faisait brûler
les carapaces ou os pour observer les formes des craquelures créées par
la chaleur. On en déduisait une prédiction. Puis ces inscriptions ont servi
à consigner des évènements importants.
Plus tard on a gravé les caractères chinois sur des objets et vases en
bronze, c’est l’écriture sur bronze 䛾᪴jīnwén. Elle a été employée sur
une période assez vaste de -1300 à +200.
Comme il y avait plusieurs styles d’écritures et de nombreuses variantes,
l’empereur Qin qui a unifié la Chine en -221 a généralisé l’écriture chinoise
avec la forme dite du « petit script » ᄼンxiǎozhuàn, soit l’écriture sigillaire.
L’écriture s’est ensuite peu à peu fixée sur sa forme actuelle.
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Les différents caractères chinois
Aux débuts de l’écriture chinoise il n’y avait que des pictogrammes,
des dessins qui dérivaient des observations de la nature et qui avaient
le sens de ce qu’ils représentaient :
- La lune a été retranscrite en : ᙡ qui a évolué en :ᰵ
- Le cheval a été retranscrit en :
ᵺ qui a évolué en :仙, puis en侙
Au fur et à mesure que le besoin d’une écriture complexe se faisait
sentir, les pictogrammes ne suffisaient plus. Il serait en effet difficile
de créer un dessin pour chaque concept dans le monde.
Les chinois ont alors créés de nouvelles catégories de caractères chinois :
- Les idéogrammes simples, qui suggérent un sens par le dessin :
Pour « deux » on écrit deux traits : ι
« haut » et « bas » s’écrivent respectivement : ̷ et ̸
- Les idéogrammes composés, qui sont des caractères composés de
plusieurs éléments pour suggérer un nouveau sens :
L’adjonction du « soleil » ᬒ et de la « lune » ᰵ donne le caractère ᬻ
qui signifie « lumineux ».
- Les idéo-phonogrammes, qui sont des caractères composés
d’un élément pour le sens et d’un autre élement qui indique une
prononciation approximative.
L’association de la clé de l’eau Ⅲ et de l’élément du « mouton » 㒷
(pris pour sa prononciation yáng) donne le caractère ∸ yáng qui
signifie « océan ». Il est donc en rapport avec l’eau et sa prononciation
ressemble à celle de l’autre élément.
Quelques remarques importantes :
- Plus de 80 % des caractères chinois employés dans la langue moderne
sont des idéo-phonogrammes.
- La prononciation des idéo-phonogrammes n’est pas toujours très
évidente.
- Il existe d’autres constructions de caractères plus rare comme emprunter
un caractère à cause de son homophonie avec un autre mot.
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Qu’est-ce qu’une clé ?
Beaucoup de caractères chinois sont construits avec des éléments graphiques récurrents. Ainsi dans :
☔shāo« brûler » et▣zào« fourneau de cuisine »
On trouve le même élément graphique à gauche de ces deux caractères.
Cet élément ▘est aussi un caractère qui signifie le « feu ».
华jī« poulet » et博yā« canard »
On trouve le même élément graphique 卌à droite de ces deux caractères.
Celui-ci signifie « oiseau ».
La plupart des caractères écrits avec cet élément sont en rapport avec
son sens. On peut donc faire un classement des caractères selon la
graphie des clés.
Mais attention, ce classement par sens ne marche pas toujours :
䷉yán« teint du visage, face » et䶧shùn « favorable, propice »
Dans ces deux mots on peut trouver le même élément 亥qui représente
une tête. Pourtant 䶧n’est pas en rapport avec le champ lexical de la
tête.
Toutefois, ce classement par clés à plusieurs avantages :
- Il permet de délimiter l’étendue des caractères chinois en faisant un
classement par genre.
- Il sert à retrouver plus rapidement des caractères dans des dictionnaires
de chinois.
- C’est un peu les « pièces détachées » des caractères chinois, comprendre
les clés améliore la compréhension de la langue dans sa globalité.
- Par les clés, il est possible de constater l’évolution de la langue et de
mieux la comprendre.
- C’est un voyage dans le cœur de la civilisation chinoise ancienne.
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D’où viennent les clés du chinois ?
Les clés du chinois sont souvent des pictogrammes à l’origine.
On attribue au grand linguiste 䃥ᙻXǔshèn (58-147) d’avoir établi le
premier un classement des caractères chinois par familles dans son 䄡
᪴㼐ႄShuōwénjiězì. Cette présentation avait déjà été esquissée dans
le ᅁ䯲Ěryǎ.
Combien y a-t-il de clés ?
Xushen a interprété 9 353 caractères qu’il a classé en 540 clés. Ce
classement en clés a été repris par la plupart des dictionnaires. Même si
aujourd’hui beaucoup de dictionnaires sont classés par ordre alphabétique
du Pinyin, ils ont tous un classement par radical, qui aide grandement à
trouver des caractères en partant de leur graphie.
Sous la dynastie des Ming le Zìhuì (ႄⅴ) a dénombré 214 clés. Le
Kāngxīzìdiǎn (Ꮴ⛆ႄ‫ )ڥ‬écrit sous la dynastie Qing a aussi adopté un
classement en 214 clés. Les plus récents dictionnaires ont un nombre de
clés assez proche : 189 pour le Xīnhuázìdiǎn (᫝ࡻႄ‫)ڥ‬, 200 pour le
Hànyǔdàzìdiǎn (ⅶ䄚๔ႄ‫)ڥ‬, 200 pour le Guīfàncídiǎn (㻱㠰䃺‫)ڥ‬,
250 pour le Cíhǎi (䓋⊤).
On peut donc dire qu’il existe environ 200 clés.
« Clé » « radical » =
䘕仃
bùshǒu
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Mode d’emploi de ce livre
䄡ᬻΓ
Appellation de la clé en pinyin
Écriture de la clé. Il y a deux
cadres si la clé est aussi
un caractère indépendant
Nombre de traits
Sens de la clé
Écriture en caractère
traditionnel
LE DRAGON
forme traditonnelle
哆
Description de la clé
lóng
5 traits
✷
écriture
sur bronze
咺
Ancienne graphie
En Chine le dragon est une créature légendaire qui ressemble à un serpent, qui a des
écailles et des griffes. Il peut voler dans les airs et aussi habiter dans l’eau, comme
les rois-dragons.
Emplacements de la clé
aborder, lier, additionner
ʱ哆 ᨼ ᠏
lǒng
assaillir
sourd
ʲ 㺟㷚 㖫㕸
哆
xí
lóng
cage
ʲ ㆍど
哆⢸ lóng wáng
哆
Les « rois-dragons » sont des dieux qui peuvent faire
pleuvoir. Certains habitent dans les océans.
lóng
Explications culturelles
cage
Écriture du caractère en
version traditionnelle
ㆍど
Traduction
du caractère
Écriture du caractère
en version simpli¿ée
lóng
Pinyin du caractère
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UN
̭
ߐ
yī
écriture sur bronze
1 trait
̭ est à la fois clé et caractère. C’est le plus simple de tous les sinogrammes ; il s’écrit
en un trait. C’est le chiffre un.
D’après Laozi : « 䖀⩌̭̭⩌ιι⩌̶̶⩌̴➖»
« Le Tao engendre l’unicité, l’unicité engendre la dualité, la dualité engendre la trinité,
la trinité engendre toutes les choses ».
Dans cette phrase, ̭est plus qu’un simple chiffre. C’est aussi un élément essentiel
de l’univers, la base et l’origine de toutes les matières.
ciel, jour,
temps, impérial
ʲ ๖
homme adulte, dé
primordial, yuan (devise),
yuan (dynastie)
capacité, talent,
à l’instant
̮
ٰ
᝺
tiān
dīng
yuán
cái
10 000, nombreux
[ne pas], négation
̭
̴
̺
wàn
bù
ฦyī
est une forme complexe du chiffre un. On l’emploie dans des notes officielles pour
éviter les falsifications à cause de la graphie trop simple dḙ
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LE BÂTON
͕
xìn
(trait de bas en haut)
tuì
(trait de haut en bas)
1 trait
C’est un radical qui représente un bâton. Il a deux prononciations selon le sens
d’écriture. Le son « xìn » ressemble à « jìn » qui signifie « progresser » alors que « tuì »
a la même prononciation que « tuì » qui veut dire « reculer ». Ce radical ne peut pas
être employé comme caractère indépendant.
͕
ʳ
͚
ķĸ
ᘚen ancienne graphie)
(
À l’origine, ce caractère représentait un drapeau.
ķgagner (au loto),
faire mouche
zhòng
ĸmilieu, central,
Chine
zhōng
une brochette, en¿ler
͟
chuàn
(
រen ancienne graphie)
Ce caractère représente deux morceaux de
nourriture pris dans une pique.
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LA CLÉ
β
jué
1 trait
Ce radical ressemble à un crochet ; il symbolise en fait une clé. Ce radical n’est pas
un caractère. Il y a peu de caractères écrits avec cette clé.
accorder, donner
β
ʳ
ε
yǔ
affaire, évènement
θ
shì
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