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2.03 Les structures de base 29 2.03 Les structures de base Alors que l'écrit est rigoureusement organisé et balisé par des signes de ponctuation, l'oral est essentiellement haché et morcelé, à tel point qu'il n'est pas toujours possible d'y découper ces unités bien nettes qu'on appelle des phrases. Alors que l'écrit présente normalement un déroulement linéaire, le discours oral suit le plus souvent un tracé syncopé, en zigzag. Le discours oral abonde en reprises, ruptures de construction, réorientations de l'ordre des idées... Tout concourt à mettre en relief l'élément principal. Pour savoir si une phrase est syntaxiquement correcte, on vérifiera si les divers mots ou groupes de mots qui la constituent peuvent tous être rapportés à des éléments de la phrase de base. Dislocation de la phrase L'oral bouleverse volontiers l'ordre des mots, pour mettre en relief les éléments qui paraissent les plus importants (ou pour détacher le thème qui surgit d'abord à l'esprit du locuteur): *Le gars, la tête y a passé à travers la vitre. *Le poisson, la ligne, il mord pas après à tout coup! L'ancienne langue, plus proche du style parlé, employait volontiers ces constructions disloquées, où l'élément qui fait figure de sujet perd par la suite cette qualité, un second sujet se substituant brusquement au premier: L'escare [espèce de poisson], quand il a avalé l'hameçon, ses compagnons s'assemblent en foule autour de lui et rongent la ligne. (Montaigne) Ce phénomène de dislocation s'appelle une anacoluthe. Passage du ILS au VOUS Une forme de dislocation (ou d'anacoluthe) consiste à commencer une phrase avec un sujet déterminé en tête (par exemple “ils” ou “les gens”) et de le reprendre avec un autre pronom (vous”). Exemple. La phrase commence avec un sujet de la 3e personne (Tous ceux) et se poursuit avec un passage brusque à la 2e personne (veuillez) : cela manque de cohérence syntaxique. *Tous ceux qui auraient des informations sur cette affaire, veuillez contacter le service de police.