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— 126 — 2- L’abaissement radical des valeurs limites d’exposition : un objectif non exempt d’incohérences 2-1- Un objectif au fondement scientifique fragile. Non seulement l’objectif visant à abaisser à 0,6 V/m les valeurs limites d’exposition repose sur des bases arbitraires. Mais, en outre, il ne prend pas en compte les importants dysfonctionnements techniques auxquels mènerait sa mise en application. 2-1-1- La valeur de 0,6 V/m : le fruit d’un compromis. Cette revendication n’est pas nouvelle, puisqu’elle avait déjà été évoquée lors du colloque organisé au Sénat en avril 2002 dans le cadre du rapport LorrainRaoul. En tout cas, elle a donné lieu à de très longs débats au sein de la table ronde « santé-radiofréquences-environnement »1. Retraçant la genèse de cette valeur, le Professeur Gérard Lasfargues a rappelé que c’est une étude de Mann et Roschke publiée en 1996, dans la revue Neuropsychology qui est invoquée par les autorités de Salzbourg. Cette étude avait examiné les effets d’un champ électromagnétique pulsé à haute fréquence sur le sommeil chez un petit nombre de volontaires sains. Le champ appliqué dans cette étude était de 0,5 W/m². Les auteurs avaient ainsi indiqué des effets de perturbation du sommeil. Ultérieurement, deux études ont tenté de répliquer celle de 1996. La première en 1998 et la deuxième en 2000 avec pratiquement la même équipe (les auteurs étant Wagner et Mann) ne sont toutefois parvenus à reproduire les résultats avec des bases de 200 mmW/m² en 1998 et de 50 000 mmW/m² en 2000. Pour autant, le département de santé publique de Salzbourg, sur la base de la première étude décida d’appliquer, aux fins d’une stratégie de prévention, le seuil de 0,6 V/m. Il correspondait selon le Docteur Oberfeld, chef du département sanitaire à 1 mmW/m², c’est-à-dire qu’un facteur de sécurité de 500 avait été appliqué au champ retenu dans l’étude qui était de 500 mm W/m² Dans un article, Oberfeld avait précisé que les autorités de Salzbourg avaient voulu appliquer cette valeur au titre d’une stratégie de prévention d’effets sanitaires éventuels, mais nullement comme un seuil d’effet sanitaire. En conclusion de son exposé, le Professeur Gérard Lasfargues, a déclaré qu’il existait, selon lui, deux logiques : 1 Séance du 15 mai 2009