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CHAPITRE II
L’ÉTAT CONTRASTÉ DES CONNAISSANCES
SCIENTIFIQUES
C’est bien un état contrasté des connaissances scientifiques qu’il convient
d’évoquer. En effet, selon les types de recherches – épidémiologiques ou
biologiques – et les domaines de recherches, les résultats sont susceptibles de
varier. Ainsi, observe-t-on que, en ce qui concerne les effets éventuels du
téléphone mobile, une majorité de chercheurs affirment, quoique de façon
prudente, l’absence d’un risque sanitaire avéré. En revanche, on peut constater un
quasi-consensus sur l’innocuité des antennes relais.
I – LA PERSISTANCE D’UN DOUTE RELATIF QUANT AUX EFFETS
ÉVENTUELS DU TÉLÉPHONE MOBILE : L’AFFIRMATION PRUDENTE
DE L’ABSENCE D’UN RISQUE SANITAIRE AVÉRÉ.
A- LES LIENS ENTRE TÉLÉPHONIE MOBILE ET CANCER
1- Les études épidémiologiques
Avant d’examiner les raisons pour lesquelles il existe des divergences
d’interprétation sur la cancérogénicité du téléphone mobile, il importe de rappeler
quelques données générales sur les études épidémiologiques.
1-1- Données générales sur les études épidémiologiques
L'épidémiologie étudie les caractéristiques des pathologies au sein d'une
population, et leurs déterminants.
Science d’observation du vivant, elle est foncièrement marquée par la
notion de variabilité, notamment la variabilité de la mesure ; c’est pourquoi toute
mesure d'épidémiologie sera accompagnée de son intervalle de confiance
(intervalle au sein duquel la vraie mesure a la plus grande chance de se situer) : en
général, il s'agit d'un intervalle à 95%, indiqué de la façon suivante : RR = 2,1 [IC
95% : 1,1-3,2] ce qui veut dire que le « vrai » risque relatif (mesuré à 2,1 dans
l'échantillon) a 95 % de chance de se retrouver dans l'intervalle allant de 1,1 à 3,2.
Puisqu’il est rarement possible d'étudier une population dans sa totalité,
l’épidémiologie définit donc une population d'étude, qui est une partie (un
échantillon) de la population. Cet échantillon se doit d'être représentatif de la
population pour laquelle on veut tirer des conclusions.