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Portraits Trois départs dans la communauté chrétienne Jean-Michel Rapaud Né à Tours, les drames de l’existence l’ont tourné vers Dieu et les autres. À 48 ans, après 4 ans passées à Argenteuil, il part officier dans une autre ville populaire : le quartier de la Grande borne à Grigny. «A 1964 : naissance à Tours 1988 : entre au séminaire 2008 : arrive à Argenteuil. u plus proche des gens du peuple. » Cet autre curé de Tours n’a pas le destin de celui de Balzac. Le sien déborde d’un amour de l’autre malmené par les chocs de la vie. Pas KO, il a juste dit OK à l’appel de Dieu après une longue réflexion. « Baptisé, ma foi restait discrète », se souvient-il. Des décès dans sa famille, puis, travaillant dans les travaux publics, d’autres frappant des ouvriers de son chantier... Quel est le sens de la vie ? Réponses finalement cherchées au séminaire puis au sein de la congrégation des Fils de la charité à Bourges, dans le Val-de-Marne, et enfin à Argenteuil en 2008, comme curé de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes. Il est maintenant appelé à poursuivre sa mission à la Grande Borne, à Grigny. Cet humaniste rationnel salue la précieuse diversité d’Argenteuil. « Sa communauté chrétienne est très attachante. Chaque dimanche, ce sont des personnes de différents pays du monde qui se retrouvent, chacun apportant ses compétences. » Homme de conviction, il va continuer à vivre au « plus proche des populations défavorisées. » Avec sa foi comme « lumière d’espérance, pour reconnaître la dignité des habitants et aller au-delà des difficultés. Pour un monde plus beau. » Solange Coffinier Représentante des Servantes du Sacré-Cœur au Val-d’Argent-Nord, elle rejoint Gennevilliers. À 74 ans, l’ancienne couturière sœur Solange est aussi modeste que dévouée. E lle a des principes, sœur Solange. N’est pas le moindre celui de la discrétion, et du retrait derrière le paravent de sa congrégation, les Servantes du Sacré-Cœur. Fondée au XIXe siècle par un prêtre lorrain face à la misère des provinciaux installés à Paris, ses membres aidaient et soignaient les plus pauvres à Argenteuil depuis presque 150 ans. Mais Solange Coffinier, leur représentante, installée au Val-Nord, rejoint maintenant Gennevilliers. « Ma famille était catholique, mais sans plus », rappelle cette ancienne couturière. « Mais à force de réflexion et d’échanges avec des amies très croyantes, j’ai offert ma vie à Dieu, à 24 ans. » S’engageant dans une mission ouvrière, au plus près des populations de quartiers défavorisés. Le terme solidarité n’a rien de galvaudé dans sa bouche. Elle qui aide les familles, sans les juger, toute en écoute, « quelle que soit leur origine, leur situation sociale, leur façon de vivre. » Infatigable actrice d’un territoire, sœur Solange court les associations et agit aussi au sein de son amicale de locataires. « Ce ne sont pas des choses flagrantes, mais une action au quotidien », tempère-t-elle. La modestie érigée en principe... 1934 : naissance en Normandie 1967 : devient prêtre 1999 : découvre Argenteuil 1938 : naissance à Paris 1965 : début de sa vie religieuse 1971 : découvre Argenteuil René Quemener Ouverture, dialogue, solidarité... Que ce soit au fin fond du Congo, dans une banlieue de Paris ou au cœur de la campagne, ils guident en permanence ce prêtre salésien. Qui quitte Argenteuil pour un petit village normand, où il poursuivra son œuvre auprès des jeunes. I l aurait pu finir mécanicien : il répare les destins cabossés. René Quemener a eu la chance dans sa vie de croiser des prêtres salésiens. Ils lui ont transmis la flamme qui éclaire le parcours des jeunes en difficulté. Le sien est parti de Normandie, où il retourne, a traversé la Méditerranée en pleine guerre d’Algérie, est descendu jusqu’au Congo Brazzaville avant de le mener dans des cités de Lyon, Paris, Seine-Saint-Denis ou Argenteuil depuis 13 ans. La périphérie... Il s’en fait l’ardent défenseur. « Ce sont des mondes extraordinaires pas assez mis en valeur. Il faut donner confiance à leurs habitants pour qu’ils se révèlent. Cela a toujours guidé mon engagement. » Dans différentes paroisses donc, mais surtout en direction des jeunes, aidant par exemple l’association Valdocco qui œuvre pour la réinsertion et le soutien scolaire. Avec toujours la volonté de promouvoir les cultures du monde et le dialogue inter-religieux. Il l’a longtemps fait à Argenteuil, tissant des liens avec les représentants musulmans et juifs. Homme aux journées élastiques et aux solides convictions, René Quemener participe aussi à des mouvements chrétiens ouvriers pour construire une société plus égalitaire et solidaire... S.Le. 4 • L’Argenteuillais n° 143 • Mercredi 4 juillet 2012