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L’audit social, levier d’un management responsable. Abderrahman Jahmane enjeux stratégiques et de performance de l’entreprise. C’est un aspect fondamental pour la crédibilité et la pérennité de la démarche de management responsable de l’entreprise tant vis-à-vis de la direction générale que vis-à-vis des collaborateurs. L’audit social (ou mieux, sociétal) contribue à l’anticipation des situations critiques. Il participe de ce fait à la prévention des risques sociaux et environnementaux (Vatteville, 2013). L’audit social en dévoilant les insuffisances du contrôle et des systèmes d’information, permet de bien organiser le futur grâce à la transformation des liens avec la nature et les parties prenantes pour rendre plus agréable l’empreinte écologique et sociale de l’entreprise. Il permet donc d’amélioration du bien-être collectif par la réhabilitation du lien social (Vatteville, 2013). L’essor vers l’exercice d’un responsable est stimulé en outre par l’existence de référentiels internationaux de plus en plus nombreux, et renforcé par la possible mise en œuvre d’une contestation de la gestion à travers la présence d’une certaines parties prenantes (actionnaires, personnels, collectivités…). L’élargissement de l’audit social a contribué à l’ouverture de ces deux voies (le reporting social et la fidélisation des parties prenantes) qui conduisent à gérer autrement. Nous les emprunterons successivement dans ce papier en mettant l’accent sur la fidélisation des personnels puisque nous sommes dans une vision purement sociale. 1. Le reporting social Dans un contexte de globalisation des activités économiques, plusieurs paramètres contribuent à accélérer la publication du reporting social dans les entreprises. Depuis le 1er janvier 2003, les entreprises cotées sur le marché financier et de droit français sont obligé de publier annuellement dans leur rapport des informations sur « la manière dont elles prennent en compte les conséquences sociales et environnementales de leur activité »39. Cette obligation touche un grand nombre des sociétés cotées aujourd’hui. Cet accroissement et le renforcement des réglementations sociales se traduisent par des nouveaux besoins en matière de reporting social (Bilan Social, NRE etc.), suivi de la gestion du capital humain et savoir-faire (qui est considéré comme l’un des principaux déterminant du niveau de compétitivité de l’entreprise), et la conformité (application des codes de conduites internes de l’entreprise, respect des droits sociaux). En effet, ce reporting social permet à l’entreprise de pérenniser la démarche développement durable, valoriser les investissements et la performance de l’entreprise en termes de durabilité, et enfin, il permet de crédibiliser la démarche vis-à-vis des différents parties prenantes. Dans le cadre de cette approche, nous considérons que le reporting social et environnemental « est l’activité qui permet à l’entreprise de rendre compte auprès des différentes parties prenantes de ses activités et de leurs impacts sur la Société et l’environnement » (Damak-Ayadi 2004, p. 16). C’est le document qui permet aux entreprises de présenter leur stratégie et réalisations en matière de développement durable. Véritable outil de communication, le rapporting social donne un moyen supplémentaire de se différencier. En effet, suivant l’étude de ORSE40 (Etude n°7 2004 p.3), on constate que si la pertinence d’un reporting social en tant qu’outil de management, de dialogue ou de comparaison est rarement discutée par les entreprises et par leurs parties prenantes, son contenu s’avère encore incertain. (Etude). « Le reporting social ne peut-il pas devenir un outil structurant renouvelant la manière de concevoir le dialogue social. L’enjeu syndical est donc important : il faut réintroduire le « politique » dans le « technique » et réfléchir à la participation plus en amont des salariés sur des thèmes dont l’objet principal sont les salariés qu’ils représentent ». Franciosi et Itier (2005 p.30) Le reporting social représente donc, un outil de communication puissant en offrant une source d’informations transparente et complète, représente un excellent outil de management. En développant le capital réputation de l’entreprise, le reporting social il permet ainsi de renforce le lien de confiance auprès des parties prenantes externes (les clients et les fournisseurs…), soutient la réputation de l’organisation auprès des collaborateurs et du marché de l’emploi, ce qui peut être l’origine d’une motivation des personnels à l’interne et donne du sens à son engagement. Alors qu’on peut considérer dans quelques cas que les systèmes d’information ressources humaines ne répondent que partiellement aux besoins des directions opérationnelles et Ressources Humaines en matière de reporting social, il est indispensable pour les entreprises de disposer d’outils de reporting adaptés pour répondre à ces enjeux de manière efficace. 39 Obligation introduite par l’article 116 de la loi du 15 mai 2001, dite loi NRE, et précisée par un décret du 20 février 2002 sur la nature des indicateurs sociaux et environnementaux. 40 Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises 17 ème Université de Printemps Tours 2015 142