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indifférent aux problèmes de ses locataires, uniquement orienté par une quête de profit financier. Mentionner les consommations énergétiques et les émissions de GES générées par le secteur résidentiel pourrait permettre une amorce de prise de conscience de ces locataires et valoriserait ces logements qui participent à la réalisation des objectifs fixés par les politiques de MDE : « le développement d’une innovation ne repose aucunement sur la qualité intrinsèque des inventions, mais sur la capacité collective des acteurs à leur donner sens et usage »100. Ce serait également l’occasion de justifier l’interdiction de percer des trous trop importants ou trop nombreux, trous qui pourraient ainsi nuire à la qualité d’isolation de la structure. Occasion également de rappeler les températures de chauffe préconisées par les pouvoirs publics et d’expliquer la cohérence de la tiédeur qui se dégage des radiateurs des logements certifiés. Cette communication pourrait être appuyée par l’argumentation selon laquelle l’augmentation d’un degré sur le thermostat équivaut à une augmentation de 7% sur la facture de chauffage (18% pour un passage de 19°C à 21°C). La mise en place d’un simple thermomètre dans les logements constituerait à ce titre un dispositif efficace permettant aux locataires de prendre conscience de la température réelle des pièces occupées comme me l’avait indiqué un conseiller en espace info énergie rencontré dans le cadre d’une enquête précédemment menée sur l’optimisation des pratiques sociales en matière d’ECS : « Conseiller EIE : Un thermomètre, ça évite d’avoir la sensation de froid, parce qu’on voit qu’il fait 19°C. Du coup, on sait que c’est une température normale, donc on ne va pas mettre plus fort. Donc ce genre d’outil est important. » Concernant les locataires du Hameau, la complexité du système de chauffage présent dans les garages des locataires nécessiterait, pour ceux qui en émettent le souhait, la visite d’un technicien afin d’expliquer en détail et de façon claire le fonctionnement et les moyens de régulation mis à la disposition des locataires. Cet apport d’informations, de conseils sur la régulation des dispositifs techniques permettrait en cela une montée en compétence de locataires qui, à défaut de marges de manœuvre, délaissent leurs installations, reléguant la gestion du chauffage aux automatismes intégrés par ces machines : « Aucun appareil ne pourrait marcher s’il devait uniquement fonctionner dans une situation définie préalablement. La définition de l’usage est certes potentiellement présente dans la conception du produit mais l’utilisateur doit disposer de la même capacité d’analyse que le concepteur pour l’utiliser, « correctement » ou non, dans des contextes toujours variés »101. La société ALOGEA pourrait prendre un contrat d’entretien des systèmes de chauffage sur ce site, cependant un tel contrat se répercuterait sur les charges des locataires du Hameau, reste à savoir si ces derniers accepteraient un tel investissement. De même, la complexité du Clos du Chandelet (dispositif technique, poids des charges, climat pesant, nombre important de ménages) nécessiterait une personne dédiée à part entière à la gestion du site (concierge, médiateur…), cependant là encore la création d’un tel poste se répercuterait sur ces charges déjà pesantes. De plus, si le manque d’informations sur les caractéristiques des logements labélisés doit être endigué, il convient également d’évacuer le flou qui entoure la gestion des espaces verts et des 100 ALTER, Norbert (2000), L'innovation ordinaire, Paris, Presses Universitaires de France. pp 88 101 GRAS Alain, JOERGES Bernward, SCARDIGLI Victor, Sociologie des techniques de la vie quotidienne, Paris, L’Harmattan, Collection « Logiques Sociales », 1992 p240 71