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magouille, aux trafics. Les matons peuvent être intéressés
par une paire de chaussures de sport, une chemise, ou
un caleçon. Petite corruption. Pourtant, Mesrine n’a
jamais accepté de ramasser le linge sale des détenus. Il
exigeait que chacun dépose chaque semaine devant
sa cellule ses affaires pliées et comptées. Il se contentait
de cocher sur des fiches les articles rendus et ceux à
changer. Cette formule lui a valu l’estime de l’ensemble
des détenus et l’intérêt de l’administration.
Ardouin, encore lui, toujours dans les meilleurs coups,
est incarcéré à la prison de Poissy. Il a des relations
téléphoniques régulières avec Mesrine. En effet, il est
responsable des stockages de l’atelier chemises et
autres denrées indispensables à la bonne marche d’une
entreprise pénitentiaire. Un code s’est établi entre les
deux hommes. Au cas où c’est le maton qui décroche,
Mesrine annonce : « C’est la Centrale de Clairvaux,
passez-moi la comptabilité ou passez-moi Ardouin, on a
un stock de cigares Wild Havana pour l’économat. ».
Ardouin prend le téléphone et converse discrètement,
mais tranquillement avec son associé. Les deux
complices arrivent également à organiser des transports
de marchandises illicites. Michel Ardouin s’en explique
ainsi : « Le retour des colis permet le trafic. Les jeunes
matons perçoivent un paquetage et de nombreuses
recrues démissionnent. Il faut alors retourner les
paquetages à la prison d’origine. Un graffiti inscrit sur
quelques paquets informe celui qui réceptionne les colis,
en l’occurrence Michel Ardouin, de l’intérêt qu’il a à les
ouvrir lui-même. Le surveillant, chargé de la lingerie, ne
contrôle pas les paquets et le civil, qui exploite le travail
des détenus, a autre chose à faire que de décharger les
camions en provenance de Clairvaux. ».
Force est de constater cette habilité des détenus à
exploiter des situations, et cette malignité à savoir tirer
parti
des
failles
d’une
société
apparemment
parfaitement organisée. La fragilité des gardiens, le goût
du luxe ou, plus simplement, la contamination et le
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