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Le plombier Jacques Mesrine
Au 11 de la rue Montcalm, dans le dix-huitième,
demeuraient au cinquième étage droit Jacques Mesrine
et Sylvia JeanJacquot, sa dernière compagne. En face,
porte gauche, résidait un brigadier de police,
prénommé François. Dans ces modestes logements, le
bon et le truand vivaient en bonne harmonie. La brute
ne pouvait être que le propriétaire qui, après de
nombreuses demandes, s'est enfin résigné à envoyer un
homme d'entretien, indispensable dans ces immeubles
vétustes.
Après avoir discuté avec le concierge au 13 de la
même rue, l'homme de ménage se rend à côté du 11,
afin de changer les ampoules et réparer les sonnettes.
L'homme travaille tranquillement, sans discrétion
aucune. Il bavarde un temps avec les résidents. À
l'occasion, il lui arrive de rendre de menus services. Il
peut réparer une chasse d'eau, resserrer un robinet. Un
petit billet par-ci ou un mot gentil par-là sont toujours
bons à prendre. Arrivé au cinquième étage, il sonne
chez ce brigadier de police qu'il connaît bien. Celui-ci le
reçoit. Il est de repos ce matin. Et l'éternel dialogue de
voisinage s'engage :
— Ca se passe bien dans l'immeuble ?
— Oui, ici ça bouge beaucoup, ça rentre, ça sort, ce
n’est pas calme.
— J'ai vu ça. Le troisième étage a encore déménagé.
— Tu prends un canon ?
— Léger, un coup à chaque étage, la journée va être
chargée ! Il y a Odette, tu connais Odette ?
— Oui la belle plante du deuxième.
— Elle m'a soigné. Je crois qu'un jour je vais me la faire.
— Fais gaffe, son bonhomme, c'est pas un facile.
— Merci du tuyau.
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