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4.
Conclusion
Nous nous trouvons donc face à un débat bien connu dépassant largement l’échelle des deux
quartiers étudiés qui tend à faire s’opposer la voiture à la rue. Cette dernière, pensée comme le
cœur de l’échange et comme un moyen de raccorder le quartier au reste de la ville, expulse la
voiture alors même que le mode de locomotion est bel et bien ancré dans la ville, mais aussi
dans les modes de vie.
Mais la mixité urbaine et sociale escomptée dans les quartiers par son intermédiaire ne passe telle pas tout autant sinon plus, par ce qui finalement concerne et mobilise une grande diversité
de gens : les habitants en HLM et les propriétaires, les employés et clients des équipements et
commerces, supposés animer et générer la mixité sociale dans les quartiers, ne cessent de
demander de pouvoir disposer de places de parking sur leur lieu d’habitation et de travail.
Insistons sur le fait que la demande en matière de stationnement s’avère entendue, dès lors
qu’elle émane des services publics (antenne de la poste, annexe de la mairie), et des
commerces, dont les clients et employés sont motorisés, pour cette raison non invoquée mais
néanmoins essentielle, qu’ils sont les premiers à être en proie au sentiment d’insécurité
affectant tout particulièrement les quartiers. Ils sont ainsi confrontés à une insécurité réelle qui
se porte d’une manière générale sur la voiture, mais aussi plus particulièrement sur celles des
gens extérieurs aux quartiers, notamment ceux venant y travailler, ou représentant une
institution aujourd’hui critiquée à la fois par sa trop grande présence et à la fois sa défaillance.
L’offre de parking, qui constitue d’une manière générale l’une des conditions du maintien des
commerces et des équipements, l’est peut-être d’autant plus dans les quartiers HLM où
commerces et services publics font montre, dans nos entretiens, d’une véritable défiance à
l’égard des habitants des quartiers HLM. Le prix de l’Amabilité décernée chaque année dans
les quartiers Nord d’Aulnay aux Institutions est là pour rappeler les difficiles rapports que
celles-ci entretiennent avec la population.
Mais l’offre de parking peut-elle être également la condition nécessaire à l’implantation des
classes moyennes, sachant que les réhabilitations dans les quartiers n’ont d’autres but que
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