Download L` IMPENSE INFORMATIQUE

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qui ne demandait qu'à y rester, ou s'en féliciter ? (...). Au total et de quelques manières que l'on
aborde les choses, quelques faits s'imposent : s'il y a péril, il tient moins à l'existence de moyens de
traiter l'information qu'à l'existence de l'information elle-même (...). La machine est neutre, elle ne
déforme pas l'information -à condition d'être honnêtement exploitée- mais elle tient lieu de révélateur.
C'est l'homme qui est responsable de l'exploitation de la machine et de l'utilisation de l'information".
Où se confirme une nette volonté de sauver l'informatique au détriment de l'information et de l'homme
(à cet égard, nous renvoyons aux analyses du Chapitre 3). Ce détournement de responsabilité vaut
relativisation de la place et de la portée de l'informatique dans le mouvement global de rationalisation,
tout en soulignant paradoxalement la puissance de ce dernier. En effet, il suffit de réarticuler ce que
l'article éclate, le triptyque, <<homme>> (actualisé dans sa version stratégique d'acteur social),
information et informatique en un complexe aux éléments indissociables, et d'en intégrer les propriétés
de transformation imputées seulement aux deux premiers par le texte, pour obtenir une vision assez
juste du processus de rationalisation !
L'auteur poursuit logiquement son raisonnement en abordant les "mesures correctives"
possibles. Or, selon lui, "on peut d'abord considérer l'évolution technique comme irréversible et,
prenant acte des possibilités de la machine, estimer que le garde-fou, s'il s'impose, doit être au niveau
de l'utilisation proprement dite. (...) Mais on peut aussi considérer qu'il n'est pas de garde-fou qui
tienne contre la pression technique (...). Une seule méthode : remonter jusqu'à la machine pour lui
interdire de nuire". Or, notons que dans l'un ou l'autre cas, la technique s'avère au minimum
"irréversible" ou, au maximum, en plus, <<irrésistible>>. Adaptation ou résistance, la seconde se
déclenchant lorsque le coût de la première devient prohibitif...où l'on oublie toujours la troisième
modalité, la compréhension critique ! Or, pense l'auteur, "l'opposition entre les deux points de vue
n'est (...) pas sans évoquer, (...) la querelle des anciens et des modernes". En un mot choisissez votre
camp ! Mais, rapporter les deux options a priori équivalentes, n'est-ce pas une manière de les marquer?
Cependant, Vichney va un peu plus loin, puisqu'il affirme : "mais en pratique, il y a
informations et informations : tout le monde parait vouloir s'accorder sur la nécessité de maintenir
une certaine opacité à la circulation des renseignements portant sur les individus. (...) A ces
renseignements, (...) s'opposent ceux dont la connaissance est devenue indispensable à la gestion
économique et sociale de la vie moderne. Leur circulation devrait, au contraire, bénéficier d'une
transparence aussi complète que possible. De ce point de vue, l'informatique offre des possibilités
théoriquement illimitées et qui ne devraient pas, en principe, apparaître préoccupantes". Illusion de
l'analyse qui croit pouvoir découper deux classes bien distinctes de données, dont l'une, indispensable
à la gestion de la société par elle-même (si, un peu plus loin l'auteur avoue "qu'il est parfois délicat
d'opérer la distinction", il renvoie en définitive les difficultés au traditionalisme des administrations).
Or, apparemment, ce dernier geste, dans lequel il est souligné que l'informatique peut donner sa pleine
dimension, est perçu comme neutre par rapport à l'individu. Ainsi, plus l'informatique est puissante et
moins elle est "préoccupante"! Double mise en relief, crue, de l'impératif gestionnaire d'une part, et de
son outil privilégié, l'informatique, d'autre part. Où l'on reconnaîtra rarement plus clairement -et avec
plus de candeur- la fonction fondamentale de gestion sociétale de l'informatique. Non seulement le
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