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monde. Dans le centre de l’Angleterre, des jumelles sont récemment nées d’une
mère de 59 ans qui avait été suivie en Inde.
Les grossesses se délocalisent en Inde. L'opération, qui peut coûter en Inde
jusqu'à 20 000 dollars, est cinq fois moins chère qu'aux États-Unis. Des agences se
sont même créées dans le but de recruter des mères porteuses. La « clinique de la
fertilité », à Bombay, propose sur son site Internet un formulaire de candidature.
La postulante doit avoir eu au moins un enfant et répondre à une série de
questions. Les demandes de couples étrangers auraient quadruplé l'année dernière.
En l'absence de régulation, ce nouveau « marché », évalué à 450 millions de
dollars, est en pleine croissance114.
2 - Des conséquences inquiétantes pour les enfants et les
parents d’intention
La presse a relaté deux cas emblématiques de trafic.
En avril 2004, sur Internet, une jeune belge, propose à un couple belge qui
ne peut pas avoir d'enfant, d'être mère porteuse. Moyennant 8 000 €, elle se
trouve enceinte à la suite d’une insémination artificielle avec le sperme du mari.
La grossesse se passe bien. Mais la mère porteuse se rend compte qu'elle aurait pu
gagner plus d'argent. Elle aurait démarché, sur Internet, des parents potentiels
prêts à la rémunérer davantage. Un couple de néerlandais est prêt à dépenser
15 000 € pour le bébé. La future mère envoie un courriel au couple belge lui
apprenant qu’elle a perdu l'enfant, peu après elle accouche d'une petite fille D….,
et enclenche la procédure d'adoption au bénéfice du couple néerlandais. Quand le
couple belge a appris le mensonge, il a tenté de récupérer la petite fille. et un
premier jugement belge donne raison au père biologique, mais il est finalement
débouté, après que la justice ait estimé par deux fois que la petite D…. devait
rester avec ses parents adoptifs, aux Pays-Bas : « L'enfant, aujourd'hui âgé de
trois ans, est bien traité par ses parents. Elle n'a jamais connu d'autres parents
qu'eux ».
M… a été conçue in vitro au Japon avec le sperme et les ovules de ses
parents, un couple de Japonais qui ne pouvaient pas avoir d’enfant. Elle s’est
développée dans l’utérus d’une indienne et est donc née sur le sol indien. Ses
parents japonais devaient l’adopter à sa naissance. Entre temps, le couple a
divorcé et la mère ne veut pas de l’enfant. Le père voudrait récupérer sa fille. Mais
en Inde, un père célibataire ne peut pas adopter une petite fille, même si celle-ci
est génétiquement son enfant. La mère porteuse qui n’a jamais souhaité prendre en
charge le nouveau-né, âgé de 14 jours, l’a abandonné. M… se retrouverait donc à
l’hôpital d’Anand.
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« Le Monde » - 3 août 2008