Download CHRONIQUE
Transcript
ïïh .' in d u s t r je J A P E R Ç U S U R LA C A R B O N IS A T IO N D U B O IS E N V A SE CLOS ment s’imaginer combien la lutte allait être dure, dans des conditions pareilles. Comme durant la crise générale de 1921, des usines s’arrêtèrent, presque toutes se con tingentèrent et malgré ces restrictions dans la production, malgré les facteurs de hausse qu’ap portait le renchérissement de toutes les matières premières, on assista, au cours de l'année 1924, à une baisse progressive des prix des produits de la distillation du bois. L ’issue fatale paraissait prochaine : les carbonisateurs eux-mêmes ne cherchaient pas à cacher le danger, et c’est alors que peu à peu l’enthousiasme des années précédentes qui se révélait encore dans la parution d’une série d’ouvrages techniques sur la carbonisation, fit place rapidement à un pessimisme qui ne fit qu’aller en s’exagérant. Etait-ce cependant la mort pour cette malheureuse inL A C A R B O N IS A T IO N dustrie? Allait-on être DU BO IS obligé, en dernier recours, de faire appel à un appui gouvernemental en raison de l’heureuse réper cussion qu’elle a sur la sylviculture C1), du rôle joué par le méthylène dans la dénaturation de l’alcool (2), de sa contribution à la défense na tionale, si manifeste qu’on l’a classée sans hésiter dans la liste des.industries clés? Il eût été facile de trouver des arguments de valeur. L ’importance de la place prise par la carbonisation du bois dans les pays forestiers ne justifie-t-elle pas que rien ne soit négligé pour l’empêcher de périr? Près de huit millions de stères de bois sont, en effet, traités annuellement dans les cornues des usines de distillation du monde entier, des milliards de francs y sont mobilisés, aussi bien en matériel dans l’appareillage dont le cuivre est l’élément essentiel, q u ’en bois et en matières premières diverses, des milliers d’ouvriers y travaillent, soit dans les ateliers, soit dans les coupes. O n admettra facilement qu’une industrie de cette puissance ne pouvait s’incliner avec rési gnation devant le sort. Le premier émoi passé, on fit le bilan de la situation en se tournant R AISO N S D 'Ê TR E DE (1 ) R. P D u c h b m in , R ev. G£n. Chim ie pure et appl., 1901, Rapport à la Commission parlementaire d’enquête sui' les emplois industriels et domestiques de l'alcool, 1907. Rapport au Com ité consultatif des Arts et Manufactures sur la carbo nisation du bois; J. M a u g e r , Congrès Forestier de Grenoble, Juillet 1925; Rapport sur la carbonisation des bois en vase clos. (2) L e gouvernement des Etats-Unis vient de m odifier sa formule de dénaturation dans le but évident de venir en aide à la carbonisation menacée. 476 76 E vers les moyens susceptibles de Ja rétablir. Les éléments ne manquaient pas. Malgré sa répu tation de routine, provoquée peut-être un peu par la simplicité voulue et indispensable de certains de ses appareils, la carbonisation du bois n’était pas, en effet, restée à l’écart des progrès scientifiques, depuis une vingtaine d’années principalement; des essais avaient été faits, aussi bien dans des laboratoires de l'exté rieur que dans les usines, sur tous les facteurs d’augmentation de rendement C1), d’économie de combustibles, etc. ; l’appareillage avait été modifié dans le même sens, les appareils distillatoires continus remplaçant, pour la rectifi cation du méthylène, les cucurbites primitives, le dégoudronnage et la saturation directe pre nant peu à peu la place des appareils à trois chaudières; le chauffage par gazogène, le séchage artificiel du bois, l’évaporation et la distillation en multiple effet, les séchoirs con tinus pour l’acétate de chaux étaient autant de perfectionnements apportés au cours de ces dernières années. L ’étude des produits dérivés n’avait pas non plus été négligée, mais, contrairement à l’avis de personnes étrangères à notre industrie, qui voient l’avenir dans la transformation à l’ex trême des produits primaires (ce qui n’écarterait pas la menace de la synthèse, mieux placée pour les faire), les hommes de métier envisagent la question plus sagement en cherchant en premier lieu à réduire le prix de revient de ces produits primaires, se basant, pour ce faire, sur les recherches antérieures signalées ci-dèssus. Bien plus, on commence à s’attaquer aux méthodes d ’extraction des produits primaires dans le pyroligneux. C ’est, à notre avis, la voie la plus féconde, à condition toutefois de ne pas négliger pour cela les autres perfectionne ments possibles; aussi nous étendrons-nous un peu sur ce point spécial, essentiel pour l’avenir de la distillation en vase clos. Les seuls procédés encore employés pour extraire l’acide acétique du pyroligneux brut sont basés sur sa transformation en sels de soude ou de chaux, produits intermédiaires pour la production des autres dérivés. Est-il possible de faire mieux? Peut-on fabriquer directement, à partir du pyroligneux, l’acide acétique ou l’un de ces dérivés? LES B ASES D ’U N P R O G R A M M E D ’A V E N IR (1) V o ir pour les travaux de Klason, Palm er, H aw ley, etc., H. M. B u n b u r y . The destructive d istillation o f zuood. — Ch. M a r ille r , L a carbonisation des bois. Vol. 15. — N ° 3. Mars 1 926.