Download TEXTE ET CORPUS :

Transcript
plus fréquente que celle de des dans tous les textes écrits. Cependant, si on
porte la vue sur les textes de la langue parlée spontanée, contrairement à la
discussion contrôlée comme dans le corpus Hansard, on peut remarquer que
les occurrences de des sont beaucoup plus fréquentes que celles de de. Dans
le Corpus Allier (Giron, 2001), le taux de des s’élève à 92,5 % (de : 5 / des :
62) et dans Blanche-Benveniste et al. (2002), il est de 86 % (de : 4 / des :
25)9. Nous précisons que dans ces deux derniers corpus parlés dont la taille
est beaucoup plus restreinte que les autres, nous avons recueilli,
contrairement aux autres, les occurrences de « de /des + ADJ + NOM (au
pluriel) » dans tous les contextes pour avoir un nombre suffisant d’exemples,
tout en recherchant les mêmes adjectifs : ancien, beau, bon, grand, gros, joli,
mauvais, petit et vieux (ou leur formes féminines).
Figure 2 : de / des dans les textes contemporains
100%
80%
60%
40%
20%
0%
rlé
pa
FD
sa
rd
ue
H
an
re
v
an
m
na
l
ro
ur
jo
tra
i té
de
des
Il est intéressant de comparer les conditions de présence des occurrences
exceptionnelles de des dans les traités ou essais, textes académiques, et
celles de de dans les textes parlés. D’abord on va traiter la question des
adjectifs : 23 occurrences de des sur 30 dans les textes académiques sont
accompagnées de l’adjectif petit (les noms qui le suivent sont : bassins,
bâtiments, chefs, choses, femmes, gains, garçons, gueules, jobs, nœuds,
parties, pédoncules, rougeurs, spasmes, tables, toits, traces, travaux, valeurs)
contre 617 de de. Nous avons affirmé, dans Fujimura et al. (2004), que
l’affinité extrêmement forte entre des et petit(e)s s’explique par la notion de
« poids lexical ». Petit est un adjectif lexicalement très « léger » en même
temps que des est l’article employé avec une épithète discursivement ou
lexicalement « légère ». C’est la raison pour laquelle petit(e)s apparaît très
souvent avec des.
La deuxième observation concerne la question de la liaison : dans les
traités, 29 occurrences de des sur 30 se produisent avec les noms qui
commencent par une consonne, c’est-à-dire dans la condition où la liaison
phonique ne se produit pas. La tendance de cooccurrence entre l’usage de
des et les séquences « sans liaison » est statistiquement significative dans ce
corpus (X2 = 6,22 ; dl = 1 ; p < .05 ; SANS LIAISON : des : 29 / de : 478 ;
AVEC LIAISON : des : 1 / de : 139). La seule exception de des suivi de
135