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266 HISTOIRE RADICALE déshonorée par les communistes staliniens. Il ne faut pas entretenir la moindre confusion là-dessus. Nous ne pouvons pas, et pour une raison similaire, nous qualifier de « socialistes » tout court. Eu égard à l’histoire, mais aussi à l’avenir, la confusion n’est pas possible avec ceux qui, s’appelant socialistes, ont constamment trahi la classe ouvrière et le socialisme et le referont demain. Par conséquent, je propose la dénomination de socialistes révolutionnaires et socialistes libertaires. En effet, le socialisme ne peut être que révolutionnaire et libertaire : par la révolution il doit réaliser la liberté de l’individu et la liberté humaine. Cette dénomination me semble la plus juste et la plus appropriée. 2. Contre la tentative d’établir une pensée dirigée, susceptible de mener à un totalitarisme « socialiste », il faut proclamer la nécessité d’une pensée libre au sein du mouvement ouvrier. Le socialisme est synonyme de liberté ou il n’est pas. Et ceci n’est pas seulement valable au cours de la période révolutionnaire mais encore, et surtout, au moment de la victoire de la révolution, et après. Par liberté, nous entendons, selon la formule de Rosa Luxemburg, la liberté de ceux qui ne pensent pas comme nous. 3. Nous nous déclarons ennemis absolus de la soumission du mouvement ouvrier et de la révolution socialiste aux intérêts étroits d’un parti, quand bien même celui-ci prétendrait représenter – et pourrait représenter effectivement – la volonté majoritaire du prolétariat. Cela signifie que nous n’admettons pas la conception du parti unique, puisque ce dernier – qui peut être, au début, le meilleur des partis – recèle les germes fatals du totalitarisme. Au parti unique nous opposons la liberté des travailleurs à s’organiser dans les partis qu’ils voudront et le plein droit de ces partis à l’existence, à penser et à agir comme ils le croiront approprié, dans le cadre de la démocratie ouvrière. Aux partis monolithiques nous opposons la démocratie, la pensée libre et créatrice à l’intérieur des partis. En leur sein existeront fatalement des majorités et des minorités : la discipline dans l’action sera sans doute nécessaire, mais sans la suppression, aussi provisoire qu’elle soit, des droits et de la pensée libre des tendances minoritaires ou des individus. 4. Notre socialisme est profondément humaniste, non seulement parce qu’il défend à tout instant les droits humains – avant, pendant et après la révolution – mais aussi parce que lui seul peut « réaliser » l’humanité sans classes ni antagonismes de classes et comme un tout harmonieux et social. 5. Nous proposons fermement l’adoption de la formule démocratie ouvrière et socialiste au lieu du mot d’ordre traditionnel de dictature du