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trait aux bagnoles ou à la chasse, bref le genre de conneries que je déteste
– travaille en jeans élégamment coupés et chaussé de somptueuses Adidas
pour mieux patauger dans toute cette merde. La semaine dernière, je l’ai vu
rappliquer en exhibant une paire de Nike Air Jordan – à un prix déraisonnable
pour la bourse d’un ouvrier, mais c’est celui à payer pour s’identifier au rêve
américain…
(Étrange journée. Mon esprit est traversé de pensées confuses. L’atmosphère est moite, un timide soleil tente désespérément de percer les nuages
gris. Mon dernier jour de repos… Nous sommes partis nous balader. Assis
dans une clairière, nous avons un peu lu et j’ai laissé reposer ma tête sur ses
genoux pendant qu’elle caressait mes cheveux. C’est incroyable ce qu’elle
peut m’apaiser dans ces moments-là. J’aime éperdument ma femme. Elle
sait me faire oublier le monstrueux ratage que je traverse. Pour elle, j’ai
encore très envie de me battre, de lui prouver que je ne serai pas toujours
un perdant. Dialogue. Mots simples. On peut se réfugier derrière des prétextes ou se trouver des excuses, mais on peut aussi tenter d’analyser une
situation avec plus ou moins de lucidité, penser qu’il est nécessaire, en certaines périodes difficiles de l’existence, de rentrer en soi, de réapprendre
une véritable humilité, de se dire qu’on peut ressortir grandi de douloureuses épreuves ou de cinglantes défaites. Nous sommes conscients que
l’injustice est là, quotidiennement présente, que nous la subissons en même
temps qu’une intolérable exploitation au service d’une classe de nantis.
Nous devons trop souvent nous plier aux injonctions d’une hiérarchie qui ne
possède pas une once de psychologie ni de pédagogie. Ces petits chefs ne
sont que les valets serviles d’une classe dirigeante qui daigne leur laisser
sucer les os des reliefs du festin. Un festin qui se bâtit sur notre dos, avec
les peines, l’abnégation et la sueur des classes laborieuses. Pourquoi, dans
cette période de crise – alors que « tous les experts s’interrogent pour trouver des remèdes contre le chômage » – se forcer à accomplir ces travaux
dégradants et mal payés ? Tout simplement parce que nous avons besoin
de bouffer, que les prétendues mesures appliquées par les gouvernements
successifs s’avèrent ni plus ni moins que des emplâtres sur des jambes de
bois et que les « experts » sont tout ce que l’on veut, sauf des hommes ou
des femmes de terrain ! Ils s’en contrefoutent, les « experts », que les banlieues crèvent de leur mal de vivre et que la révolte gronde, pourvu qu’ils
puissent se remplir la gueule, entre eux, dans des restaurants gastronomiques.)
[…]
Où suis-je tombé ? dans le XIXe siècle si bien décrit par Zola ? Comment peut-