Download La Gestion des crises, 1991
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13/03/03 274 toute étude (sérieuse) –!mais cela veut dire que l'on n'apprendra quasiment rien, et que le domaine restera marqué par l'ignorance, avec toutes les conséquences que cela peut avoir à moyen terme. Ou bien on prendra quelque risque et l'on se dotera peu à peu de connaissances ne transformant pas toute gestion de crise en exercice de roulette russe. Une fois encore tout est ici affaire de jugement particulier, sur base d'orientation générale. 2.10. Des capacités d'intervention d'urgence : possibilités et limites Enfin, dans un souci directement opérationnel en temps de crise, on pourrait songer à se doter de nouveaux moyens d'intervention pour la conduite des crises. L'idée serait de constituer, au niveau d'un pays comme la France, avec des articulations à l'étranger, des réseaux de gens qualifiés aisément mobilisables. Il ne s'agirait pas de groupes composés de "Rambos" des crises, croyant pouvoir venir tout à coup, dans l'ignorance du terrain, remplacer les responsables en place. Sur le même modèle que ce qui a pu être fait dans certains groupes industriels 1, il s'agirait de disposer d'équipes d'appui pouvant soit agir à distance, soit être dépêchées dans une région pour venir se mettre au service des responsables en charge –!s'ils le souhaitent. Comme il pourrait s'agir de situations bien plus diverses que dans le cadre d'une entreprise aux activités définies, le principe serait de constituer des réseaux d'experts aux compétences très variées, et de puiser au cas par cas, selon les besoins spécifiques, dans ce vivier préconstitué. Pour qu'ils n'apportent pas davantage de confusion, ces intervenants devraient naturellement former une équipe d'un grand professionnalisme : être chacun rompu aux problèmes de crise; se connaître autant que possible entre eux, alors qu'ils viendraient d'institutions différentes; entretenir des liens avec des réseaux similaires à l'étranger, pour éviter toute vision étriquée et obsolète des problèmes potentiels; approfondir en permanence leur réflexion sur le sujet. Bref, les difficultés ne sont pas minces. Mais il y a sans doute là un projet à étudier. L'objectif est de se donner aujourd'hui les moyens d'éviter absolument le déficit d'intelligence et de compétence lorsqu'il faut se mesurer à des crises d'envergure. Nous laisserons à un grand professionnel de l'urgence, confronté précisément à une insuffisance d'intelligence publique lors de plusieurs crises, le soin de donner force à ce message qui vaut pour de nombreux secteurs d'activité : "Je ressentais cruellement le décalage entre l'extrême professionnalisme dont nous étions capables et l'amateurisme dans lequel on nous faisait patauger. Aujoud'hui, sept ans plus tard, je le ressens toujours. Une cellule digne de ce nom doit être capable, avec les méthodes de recherche et d'analyse modernes, d'analyser l'information et de la traiter afin de fournir aux responsables politiques un réel instrument d'aide à la décision dans ces situations graves. A l'échelle gouvernementale, il 1 EDF, Esso-Saf, etc.