Download rapport d`information
Transcript
— 140 — AUDITIONS DU 30 MARS 2006 Audition de M. Pierre-Louis Bras, inspecteur général des affaires sociales M. Pierre Morange, coprésident : Nous accueillons M. Pierre-Louis Bras, inspecteur général des affaires sociales, sur le rapport de la mission d'appui concernant la convergence tarifaire public-privé, de janvier 2006. Ce sujet important est au cœur des réflexions du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie dont le président, M. Bertrand Fragonard, devrait être entendu prochainement par la MECSS. Monsieur, je vous souhaite la bienvenue et je laisse immédiatement la parole à notre rapporteur. M. Jean-Marie Rolland, rapporteur : Peut-être pourriez-vous commencer par rappeler les enjeux et le poids comparé des deux secteurs, public et privé, avant de présenter les principales analyses et propositions de votre rapport. M. Pierre-Louis Bras : En 2004, l’objectif de dépenses d’assurance maladie pour les soins de médecine, chirurgie et obstétrique (ODMCO) s’établissait à 39 milliards d’euros, en 2004, dont 30 milliards pour le secteur public et 8 milliards pour le secteur privé. Pour repérer les enjeux de la convergence tarifaire, nous avons essayé de voir quels étaient les écarts actuels de tarifs. Il nous a donc fallu reconstituer des tarifs puisque ceux du privé n’incluent pas les honoraires et la biologie. Nous avons ainsi estimé que, par GHS, groupes homogènes de séjour, les tarifs du public représentaient 1,8 fois ceux du privé. Mais cela ne préjuge en rien de l’homogénéité de ces GHS et des contraintes particulières qui peuvent peser sur le secteur public. Notre travail a ensuite été organisé en fonction de l’exigence de convergence posée par la loi. Nous nous sommes donc d’abord demandé si cette convergence devait aller vers le haut, vers le bas ou vers la moyenne. Nous avons constaté qu’elle s’était opérée en 2005 vers la moyenne, c’est-à-dire que ce qu’avait gagné l’un avait été perdu par l’autre. Cela nous est apparu comme une très mauvaise méthode, comme si un acheteur public confronté à deux offres, au lieu de prendre le mieux-disant, l’alignait sur le plus cher. S’il faut augmenter les tarifs des cliniques, il faut le faire au regard de leur situation et non pas de l’inefficience du secteur public. Or, si on continue la convergence vers la moyenne, plus le public sera inefficient, plus les tarifs des cliniques augmenteront, ce qui n’a aucun sens. Dans la mesure où le sens de la convergence n’était pas précisé dans la loi, nous avons considéré que le législateur n’avait pas voulu d’une convergence inflationniste, d’autant qu’une des difficultés de la tarification à l’activité est de parvenir à récupérer de l’argent chez les perdants. Nous avons donc fortement plaidé pour que la convergence aille vers le plus efficient, c’est-à-dire pour l’instant vers les cliniques. Cela signifierait que le tarif des cliniques deviendrait taux directeur pour tout le système hospitalier et qu’il faudrait donc le fixer de manière précise, alors qu’il n’y a pour l’instant ni données, ni critères permettant d’asseoir les décisions de tarif vis-à-vis des cliniques sur un indicateur et des objectifs. Le Parlement vote une enveloppe hospitalière décomposée en plusieurs sous-enveloppes, dont une à l’activité. Ensuite, on formule des hypothèses de volume et on en déduit des tarifs. Or, dès lors que l’on prétend réguler un