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— 56 — spécialisation excessive des établissements sur les activités les plus rentables et, en conséquence, d’un grave appauvrissement de la diversité de l’offre de soins sur un territoire de santé paraît assez faible. Là encore, les ARH et les SROS doivent permettre d’éviter ce risque. Par ailleurs, des craintes ont pu être exprimées concernant les effets que pourraient avoir la tarification à l’activité sur l’accessibilité aux soins et le maintien d’une offre de soins de proximité sur l’ensemble du territoire. Il convient à cet égard de rappeler que les hôpitaux locaux, qui pourraient très difficilement rentrer dans la logique du système actuel, ne sont pas dans le champ d’application de la T2A. La tarification à l’activité peut toutefois accélérer la prise de conscience sur l’évolution de leurs missions vers la prise en charge des personnes âgées dépendantes et les soins de suite et de réadaptation. La Fédération des hôpitaux locaux a d’ailleurs demandé l’extension de la T2A aux établissements qu’elle représente. • Veiller à ne pas sacrifier la prévention Les expériences étrangères ont souvent montré que la mise en place du financement à l’activité pouvait conduire au repli des établissements de soins sur le champ curatif. En France, depuis la réforme hospitalière de 1991, les hôpitaux sont des établissements de santé qui ne doivent pas se consacrer aux seules missions de soins mais s’impliquer aussi dans la prise en charge globale du patient. Ils doivent intervenir en matière de prévention secondaire, c’est-à-dire de dépistage pour prévenir l’aggravation de l’état de santé, et tertiaire afin d’éviter les rechutes. Or, la prévention en tant que telle paraît peu valorisée par le mode de tarification. En outre, si les missions de prévention et d’éducation pour la santé figurent bien dans la liste des missions pouvant être financées par les dotations MIGAC, le financement de la prévention reste difficile à isoler au sein de l’enveloppe MIGAC. Une politique à courte vue des établissements pourrait les conduire à sacrifier les activités de prévention, jugées non rentables. Mais le risque paraît limité. En effet, passé les premières années, la situation sanitaire de la zone de desserte de l’établissement se dégraderait et, alors, les malades lui parviendraient dans un état de plus en plus lourd et mobiliseraient des moyens et des ressources plus importants pendant leur séjour (recours aux urgences, hospitalisation non programmées et plus coûteuses). À l’inverse, une prévention de fond, c’est-à-dire régulière, entraînera plus de séjours programmés et, en conséquence, des situations moins lourdes à gérer, et donc moins coûteuses. • L’évolution des comportements pour offrir le « juste soin » au « juste prix » L’hôpital est une industrie de services qui, pour satisfaire la demande des patients, doit leur offrir le « juste soin » au « juste prix ». La réforme du financement des hôpitaux ne pourra finalement réussir que si les personnels la