Download NdT - COPS

Transcript
La voix de Diane venait de quelque part derrière moi, mais
la rive opposée me la renvoyait. Je ne répondis rien et continuai
de dessiner. Le résultat n’étant guère plus satisfaisant, je lissai
de nouveau la tablette.
ŕ Papa ! Pourquoi tu ne m’as pas répondu ?
Diane était debout devant moi, les mains sur les hanches,
imitant l’une des postures de sa mère.
ŕ Parce que je me cachais de toi, dis-je, en commençant un
nouveau dessin sur la cire.
ŕ C’est pas la peine, voyons. Tu sais que je peux toujours te
retrouver.
ŕ Vraiment ? Dans ce cas, je n’ai vraiment pas besoin de te
répondre quand tu appelles, alors ?
ŕ Papa !
Elle roula des yeux, en imitant de nouveau Bethesda, puis se
laissa tomber dans l’herbe à côté de moi. Pendant que je
dessinais, elle s’agita, tirant sur ses doigts de pied, puis
s’allongea de nouveau en regardant le soleil qui filtrait à travers
les frondaisons du chêne.
ŕ C’est vrai que je peux toujours te retrouver, tu sais.
ŕ Vraiment ? Et comment cela ?
ŕ Parce que Meto me l’a appris. Il dit que c’est toi qui lui as
enseigné. Je peux reconnaître tes traces dans l’herbe et comme
ça je te trouve.
ŕ Vraiment ? dis-je, impressionné. Je ne sais pas si cela me
plaît.
ŕ Qu’est-ce que tu dessines ?
ŕ Cela s’appelle un moulin ; une petite bâtisse avec une
grande roue qui plonge dans l’eau. Un problème, si tu préfères,
et probablement trop compliqué pour que je le résolve.
ŕ Meto dit que tu peux résoudre tous les problèmes.
ŕ Lui ?
Je posai la tablette de côté. Elle se tortilla, roula sur l’herbe
et vint poser sa tête dans mon giron. La lumière diffuse du soleil
éclairait sa longue chevelure, noire comme jais dans l’ombre,
irisée d’arcs-en-ciel, pareille à l’huile sur l’eau, là où le soleil
l’effleurait de ses rayons. Un oiseau passa au-dessus de nos
têtes ; j’épiai le regard de Diane qui le suivait des yeux. Puis elle
22