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Transcript
ŕ Mais oui.
Diane rejoignit la chambre de sa mère et je restai près de
Meto, observant son visage tourmenté éclairé par la lumière de
la lampe, me demandant si je devais le réveiller. Il sursauta
brusquement et ouvrit les yeux, aspira une bouffée d’air, et
chercha à se couvrir le visage. Mais ses mains étaient
prisonnières du tissu tordu et il paniqua un moment, gémissant
comme s’il rêvait toujours, et secoua violemment la couverture.
Comme il ne faisait que s’empêtrer davantage, je posai la lampe
et saisis ses bras pour arrêter son agitation. Il se détendit au
bout d’un moment et nous libérâmes ses mains prisonnières. Il
toucha son visage, puis écarta ses mains en regardant avec
surprise la sueur sur ses doigts.
ŕ Tu as fait un cauchemar, dis-je doucement.
ŕ J’étais en Sicile, répliqua-t-il en gémissant.
ŕ J’y pensais. Tu as fait le même cauchemar il y a
longtemps.
ŕ Ah ? Pourtant, je ne pense jamais à la Sicile. Je me
rappelle rarement le temps que j’y ai passé. Pourquoi en rêver
maintenant ?
Il s’assit et secoua la sueur qui lui coulait dans les yeux.
ŕ Je ne sais pas. Tiens, prends la couverture pour te sécher
le front.
ŕ Regarde, l’oreiller est trempé ! J’ai terriblement soif.
Je regardai autour de moi et aperçus l’éclat d’une aiguière
de cuivre ainsi qu’une coupe, sur une petite table, près de la
porte. Je tendis une coupe d’eau à Meto, qui la but d’un trait.
ŕ Ce n’était qu’un mauvais rêve, Meto !
ŕ Mais si réel…
ŕ Tu es à Rome, pas en Sicile ni à Baia. Tu es dans notre
maison, entouré par ta famille…
ŕ Oh, papa, j’ai vraiment une famille ?
ŕ Bien sûr que tu en as une !
ŕ Non. C’est cela, le rêve, c’est cela qui ne peut pas être
vrai. Je suis né esclave et ça ne changera jamais.
ŕ Tu te trompes, Meto. Tu es mon fils, tout aussi sûrement
que si tu avais mon sang dans les veines. Tu es libre, aussi libre
que si tu étais né romain. Demain tu vas devenir un homme et,
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