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affectés l’instant auparavant, et que nous puissions lier, en les
reproduisant, aux affections suivantes. Ainsi seulement ce
qui, sans elle, aurait passé pour une cacophonie de
représentations, pourra filer une harmonique, un flux
admettant une identité dans l’immanence de la
transformation. Par la synthèse de la reproduction, c’est ainsi
le changement que permet l’imagination. S’il n’était la
conscience que ce que nous pensons présentement est bien
cette même chose que nous pensions l’instant auparavant,
toute tentative de concevoir la permanence, la modification
ou la continuité dans la série des représentations serait vouée
à l’échec. Le divers de ses représentations, dès là, ces diverses
représentations ne pourraient jamais constituer un tout (ni
synthétique, ni dynamique), en sorte que sans la rétention en
la mémoire d’une trace des affections passées, sans leur
« reproduction » dans l’imagination, l’identité de tout objet
soumis aux modifications du temps serait inconcevable et
rendrait impossible la connaissance de ces objets. La
synthèse de l’appréhension au sein de la sensibilité est donc
appelée à s’assortir de la synthèse complémentaire de la
reproduction par l’imagination.
Nous n’en dirons pas plus. Nous n’avons nul besoin
d’être exhaustif, et cela n’est pas notre intention. Il nous
importe ici, pour ce qui nous concerne, de bien marquer la
nécessité devant laquelle va se trouver l’auteur de la Critique
: nécessité de faire appel à une analogie pour pallier
l’incapacité de la forme du temps à se laisser représenter par
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