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nous seulement sur la manière selon laquelle le scientifique
du XXIe siècle entend percer les lois ultimes de la matière. Il
conviendrait, au préalable, de revenir en quelques mots sur
l’émergence
de
ce
que
Bachelard
appelle
« phénoménotechnique ». Entre autres suites inattendues, la
seconde guerre mondiale eut pour effet d’instruire les
différents gouvernements de tout l’intérêt stratégique qu’ils
pouvaient retirer de leur soutien (autrement dit, de leur
contrôle) aux secteurs de la recherche. Au nombre des
départements des sciences, le plus récent, inchoatif, mais
aussi le plus prometteur, était celui de la recherche
fondamentale. Une discipline qui s’était illustrée avec la mise
au point des rayons X et de la bombe à hydrogène. Big Boy,
Fat Man, Trinity, Tsar Bomba, c’est un peu grâce à elle. Joli
départ, pépettes à l’arrivée. On ne change pas une équipe qui
gagne. Partout où cela était possible, l’État se mit en joie de
lui bailler des fonds. Il mit à sa disposition plus de ressources
qu’il n’en fallait pour édifier d’immenses laboratoires et des
superstructures pharaoniques à usage expérimental. ISS,
LHC ; alliance des liasses et des technologies de pointe. On
verra émerger dès les années 1950 la « Big Science »
réunissant autour de colossaux dispositifs des équipes de
recherches provenant du monde entier. Les stations
orbitales, les supertélescopes, les cyclotrons ; les
accélérateurs d’hardrons, ces longs tuyaux de magnétite
réfrigérée, ces galeries souterraines guinées sur plusieurs
kilomètres de milliers d’électro-aimants portés à des
températures proches du 0 Kelvin (ou zéro absolu) ; toutes
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