Download DSCG 1 - Maroc
Transcript
63 GRP : expertise JOB : pdf⊕dscg1 DIV : m⊕10⊕ddscg1⊕P01C01 p. 63 folio : 63 --- 29/9/011 --- 16H58 CHAPITRE 1 – Les contrats conclus par l’entreprise 2.1 La qualification du contrat d’entreprise Distinctions. De la définition proposée du contrat d’entreprise, il ressort qu’il se distingue du contrat de travail. Le salarié n’effectue pas en effet un travail de façon indépendante puisqu’il est subordonné à son employeur. La distinction doit être aussi marquée avec le mandat : l’entrepreneur n’a pas le pouvoir de représenter le maître de l’ouvrage alors que la représentation est de la nature même du mandat. Le contrat d’entreprise se distingue aussi de la vente, ce qui est évident lorsque l’entrepreneur ne fournit que son travail, en l’appliquant à une matière appartenant au maître de l’ouvrage. Dans ce dernier cas, en effet, aucun transfert de propriété n’a lieu. La tâche est plus ardue lorsque l’entrepreneur fournit à la fois son industrie et la matière à laquelle il l’applique. Depuis une vingtaine d’années, les tribunaux jugent qu’il y a contrat d’entreprise dès lors que le contractant est chargé de réaliser un travail spécifique, non déterminé avant même l’existence du contrat, en vertu d’indications particulières. 2.2 La formation du contrat d’entreprise Droit commun. Le contrat d’entreprise se forme comme tout contrat : une acceptation qui rencontre une offre sur les éléments essentiels du contrat (le travail à réaliser). Comme tout contrat encore, le contrat d’entreprise est consensuel en principe et l’absence de vice du consentement, l’existence d’un objet et d’une cause conditionnent la validité de ce contrat (voir supra, section 2). Détermination du prix. À la différence du contrat de vente, la détermination du prix, c’est-à-dire de la rémunération du travail à effectuer, ne conditionne pas la validité du contrat d’entreprise. Si les parties ne se sont pas accordées entre elles à ce propos et que naît un litige, il appartiendra alors au juge compétent de déterminer le prix dû. © Dunod - La photocopie non autorisée est un délit. MARCHÉ À FORFAIT Si les parties s’accordent sur le prix, elles peuvent établir un marché à forfait dans lequel le travail à effectuer est précisément indiqué de même que le prix. La technique du forfait fait l’objet d’une réglementation particulière en matière de construction immobilière, mais elle est utilisable dans les autres domaines. Le prix ne pourra pas varier même si le coût des travaux s’avère plus important que celui prévu par l’entrepreneur. En revanche, les travaux supplémentaires que le maître de l’ouvrage viendrait à commander donnent lieu à un prix supplémentaire. Révision du prix. On sait qu’en principe le juge ne peut procéder à la révision d’un contrat, donc du prix (voir supra, section 4). Cette règle subit une exception lorsqu’il s’agit d’un contrat d’entreprise dont la détermination du prix n’a pas été effectuée par la technique du forfait. En pareil cas, la Cour de cassation juge, à propos des honoraires de conseils, que les tribunaux peuvent réduire le prix lorsqu’il est exagéré par rapport au service rendu, à condition qu’il n’ait pas été versé en connaissance du travail effectué et après service fait. Preuve de l’existence et du contenu du contrat. Des litiges naissent fréquemment à propos de travaux réalisés par un entrepreneur, souvent un garagiste, que le donneur d’ordre affirme ne pas avoir sollicité et refuse donc de payer. En application de l’article 1315, alinéa 1 du Code civil, c’est à l’entrepreneur qui se prévaut d’un contrat d’entreprise relatif aux travaux 63 1 PARTIE